(photo L. Gotti)
(photo L. Gotti)

Après le gel, le mildiou, et maintenant la sécheresse, les différences de maturité des raisins sont importantes au sein de beaucoup de parcelles du vignoble bourguignon. Une situation qui promet des vendanges délicates.

« Compliqué » et « hétérogénéité ». Deux mots qui monopolisent la parole des vignerons bourguignons à quelques jours des vendanges. On pourrait s’en étonner après l’été quasiment idéal qu’a connu la région. Seulement le printemps a laissé des traces. Gel, mildiou, et par endroit grêle, les vignes ont été durement éprouvées… Autant de calamités que le soleil estival qui a régné presque sans discontinuer depuis juillet n’aura pas complétement effacés.

Alors que certains raisins seront parfaitement mûrs d’ici une dizaine de jours, d’autres en sont encore au stade de la véraison (changement de couleur des raisins qui s’effectue environ un mois avant la pleine maturité). Une situation qui n’est pas en soi exceptionnelle. D’une parcelle à l’autre la maturation des grappes est rarement homogène. Elle est fonction de l’exposition, de l’altitude, du rendement des vignes, etc. Les vignerons déterminent en début de récolte un circuit de vendanges en fonction des prélèvements. Seulement 2016 a ceci de particulier que cette hétérogénéité se constate à l’intérieur même de certaines parcelles, voire parfois d’un même pied… D’où la difficulté à déterminer la bonne date pour ressortir les sécateurs. Un casse-tête résultant essentiellement des gelées du 26 et 27 avril qui a touché une large partie nord de la Bourgogne. Elles ont bloqué, retardé le cycle le vignes, ou conduit la plante à produire de nouveaux raisins en décalé.

Plus surprenant et inattendu la sécheresse fait sentir ses effets dans certaines parcelles depuis la fin août n’aide pas. Les vignes en stress hydrique ont tendance à bloquer la maturation de leurs raisins. Les écarts ne se comblent pas ou peu.

Si la plante préféré des amateurs de vin est relativement rustique, elle goûte peu le passage d’un excès à l’autre (printemps particulièrement pluvieux, été très sec). Bref, les pluies annoncées cette fin de semaine sur la Bourgogne sont attendues avec le sourire. Qui l’eut cru il y a seulement deux mois