(photo : Emmanuel Perrin)
(photo : Emmanuel Perrin)

Terre nourricière grâce à la domestication du Rhône, la Camargue est une terre d’élevage et de culture aux paysages hors du commun. Dotée d’un terroir singulier et méconnu, elle donne naissance à des vins dessinés à son image, tels les rosés gris de l’IGP Sable-de-Camargue et les rouges en IGP Bouches-du-Rhône Terre-de-Camargue et de l’IGP Méditerranée. Sixième et dernière étape de notre escapade en Camargue : le domaine Beaujeu.

Beaujeu respire la Camargue arlésienne. « Nous avons tout fait pour maintenir les équilibres en place depuis le début du siècle précédent, observe Pierre Cartier, que cinq générations ont précédé à la tête du domaine. En plus de la vigne, nous cultivons encore des céréales comme le riz, des luzernes et des fourrages de prairies naturelles. » De cette polyculture découlent des pratiques culturales propres à la région. Après les vendanges, les 27 hectares du domaine sont submergés avec l’eau du Rhône grâce au réseau de canaux utilisé pour inonder les rizières. Une technique qui permet de lutter contre les remontées de sel et qui isole les pieds de vigne des insectes et autres parasites. Après avoir replanté et restructuré le vignoble, au milieu des années 90, Pierre Cartier a mis l’accent sur la vente en bouteilles qui absorbe aujourd’hui la majeure partie de sa production.

Pour augmenter encore la voilure, le vigneron vient d’investir dans la construction d’un caveau ultramoderne : 120 mètres carrés de bâtiment écoconçu. Il abrite sa gamme de vins d’IGP Bouches-du-Rhône Terre de Camargue ainsi que son riz, blanc et rouge, qui bénéficie également de l’IGP Riz de Camargue, et toute une collection de produits du terroir. Les vins et les huiles d’olive du Mas de Gourgonnier, produits en appellation Les Baux-de-Provence, autre propriété de la famille Cartier, sont également proposés. À Beaujeu, le rouge du domaine, 100 % marselan (7 €), rond et gourmand, offre une trame de fruits rouges soulignée d’épices. Un cran au-dessus, la cuvée Vincent 2016 (8,20 €) issue du même cépage gagnera en souplesse d’ici un à deux ans. Le rosé Pauline 2017 (6,70 €), 100 % caladoc, est un bel exemple de ce que donne la couleur dans ce vignoble. Dominé par les fruits rouges, il s’arrondit au palais où il s’aiguise d’une belle fraîcheur. Il sera du plus bel effet sur un thon rouge de Méditerranée.

13200 ARLES
09 64 18 90 33 – Site internet

Ce portrait est extrait du Terre de vins N°53 de mai/juin