(photo Charente Libre / Lucie Jbt)
(photo Charente Libre / Lucie Jbt)

Une semaine après la terrible vague de grêle qui a frappé le vignoble de Cognac, ravageant 5500 hectares de vignes, faisons l’état des lieux sur les conséquences de cet épisode climatique.

La vidéo d’Aérial Pictures qui circule sur les réseaux sociaux est saisissante. Appuyées d’une musique de film d’horreur, les images, pour certaines réalisées avec un drone, exposent les ravages de la grêle sur le vignoble au lendemain du 27 mai. Le soir même, certains viticulteurs assurent avoir vu aux pieds de leurs vignes un lit de grêlons d’une épaisseur de 15 centimètres. Les parcelles les plus touchées se situent à Genté, Salles-d’Angles, Gensac-La-Pallue, Châteaubernard, Bourg-Charente, Foussignac, Rouillac, Champagnolles, Montils, Pérignac, liste non exhaustive de communes sur les départements de Charente et de Charente-Maritime. Le chiffre est tombé ; les services du BNIC (Bureau National Interprofessionnel du Cognac) parlent de 5500 hectares, soit 7% du vignoble. Sur cette surface, il est précisé que 3000 hectares sont affectés à plus de 80%.

« C’est arrivé en fin d’après-midi, on a vu l’orage filer vers Châteaubernard où on a aussi des vignes, on nous a appelé, nous sommes allés voir, tout était ravagé à 100% sur 18 hectares, il n’y a plus de raisins, les bois sont coupés », témoigne Mathilde Gourdet, viticultrice basée à Allas-Champagne. « C’est impressionnant, la vidéo qui circule sur le net fait froid dans le dos, les dégâts ruinent davantage qu’une récolte puisque les sarments sont sectionnés, il faut alors deux ou trois ans avant que la vigne retrouve des bois fructifères normaux », explique Ghislain Bossard, un viticulteur sur Réaux qui est passé à côté du fléau.

Passé le traumatisme, demeurent quelques solutions. Tout d’abord, la réserve climatique, procédé imaginé pour pallier ce genre de catastrophe (gel, grêle…), consistant à pouvoir se constituer au-delà des quotas une réserve d’eau-de-vie jusqu’à un plafond de 7 hectolitres d’alcool pur par hectare. En moyenne, les viticulteurs de la région de cognac seraient autour de 2, 2 hl. Interviennent aussi les assurances : « En simplifiant, il y a une prise en charge pour les exploitations ayant souscrit un contrat qui permet de garantir un capital à l’hectare, explique un agent général AXA de la région. Ce capital est généralement évalué en fonction de la réserve climatique constituée sur l’exploitation ».

Dans tous les cas, les assurances n’interviennent que sur la récolte en cours et c’est sur l’impact économique concernant les années suivantes que les pouvoirs publics s’agitent. On évoque alors une possible déclaration de catastrophe naturelle – notamment demandée par le Préfet de Charente, que seul le Ministère de l’Intérieur peut déclencher. A ce moment, un Fonds national de garantie des calamités agricoles pourrait être débloqué. Une réunion de crise est prévue ce jeudi 2 juin. En attendant, les techniciens du BNIC ont déjà suggérés aux viticulteurs sinistrés les premiers soins à apporter à la vigne. Aussi, le Préfet a commencé à entendre la colère de certains viticulteurs qui s’étonnent de ne pas avoir eu d’alerte météo.