Les grandes écoles de commerce se sont affrontées ce samedi 13 mai à Lyon, au Radisson Blu situé au 32è étage de la Tour de la Part-Dieu à Lyon, pour remporter la 16è édition du défi de Bacchus, concours international réunissant les passionnés de dégustation depuis 2002 et organisé par Salomé Bassouls de l’association Sup’de Coteaux, l’association œnologique de l’école de commerce de Lyon, l’EM Lyon.

Des équipes composés d’élèves de l’EM ou encore de l’école de commerce de Cambridge ou de Lausanne, mais aussi de professionnels issus de tout secteurs d’activités, ont concouru sous la houlette d’un jury tripartite, représentant le monde de la sommellerie et des cavistes grâce à la présence de Frédéric Schaaf (sommelier-caviste à Ecully, commune proche de Lyon), du monde vigneron représenté par Alexandra de Vazeilles, viticultrice en Beaujolais au Château des Bachelards, en appellation Fleurie, Saint-Amour, Moulin-à Vent et Pouilly-Vinzelles, et du monde journalistique avec la présence de « Terre de Vins ».

Les 19 équipes se sont testés lors de trois premières épreuves (dégustation de trois vins rouges et de trois vins blancs, doublée d’un test de culture générale ardu), à l’issue desquelles trois équipes finalistes se sont affrontées lors d’une première épreuve de proposition de deux accords mets et vins sur la base de vins connus des compétiteurs, notée sur la pertinence, l’originalité et la qualité de la présentation, mais également sur une épreuve de commentaire de dégustation en direct : un vin à l’aveugle (en l’occurrence le très réussi Pouilly-Vinzelles de la Comtesse de Vazeilles), que les candidats devaient commenter sur scène en un temps imparti. Les trois équipes ont fait preuve de belles performances, mais se sont toutes trompées sur un point, qui se révèle plutôt positif pour Alexandra de Vazeilles : le Pouilly-Vinzelles dégusté a été unanimement reconnu comme étant un Meursault.

L’équipe des Commandeurs, composée d’anciens élève s de l’EM et de passionnés qui ont déjà raflé les faveurs de Bacchus lors de précédentes éditions, se sont placés premiers, devant « Terre Libre », regroupant des agriculteurs, et « Les Jeunes dynamiques à la cave » (dont le chef d’équipe est également un ancien de l’EM et ancien président de Sup’ de Coteaux).

Les trois vins proposés pour la dégustation des blancs étaient un Savennières du domaine Eric Morgat en 2014, cuvée Fidès (chenin sur schiste, avec une élégante tension typique du chenin et extrêmement sapide) ; le classique du domaine Saint-Préfert à Châteauneuf-du-Pape en 2016 (assemblage de clairette à 85% et de roussanne à hauteur de 15%), et enfin une pépite originale qui aura le mérite de perdre beaucoup d’entre nous à l’aveugle mais de nous ravir les papilles : un Limoux blanc du Château de Gaure, en Languedoc, en 2015, avec un assemblage Chardonnay, Chenin et Mauzac. Puissance et douceur, auréolées d’arômes prononcés mais sans lourdeur de pomme et de poire, issu de vignes cultivées en biodynamie, ce vin mérite d’être connu.

Quant aux trois rouges, l’élégance minérale du Sang des Cailloux (Vacqueyras) a côtoyé le Chambertin 1er cru Les Cazetiers du domaine Faiveley en 2011, ainsi que le parcellaire Le Clos du domaine Labruyère, en appellation Moulin-à-Vent.

Le Beaujolais est présent depuis de nombreuses éditions du défi de Bacchus, comme en 2015 par exemple avec le Château Thivin et le domaine Louis-Claude Desvignes, et a également été mis en valeur lors du repas suivant le concours avec la cuvée prestige (chardonnay en Beaujolais Villages) de Frédéric Berne au Château des Vergers en 2015, ainsi que le Moulin-à-Vent de la Comtesse de Vazeilles au Château des Bachelards en 2014 (primé par le Decanter World Wide Awards en 2015). Son terroir de granit rose, associé à du manganèse et du quartz, est particulièrement mis en valeur par une agriculture biologique et biodynamique et produit un vin qui se distingue par sa suavité et sa densité ainsi que son fruit gourmand, sublimé par de légères notes florales et un élevage de 16 mois en fûts parfaitement intégré.