(photos F. Hermine)
(photos F. Hermine)

Le groupe Boisset a mis cinq ans pour transformer la Maison Skalli, rachetée en 2011 à Robert Skalli, en Maison Fortant avec un bouquet de nouvelles gammes.

Boisset a troqué une communication traditionnelle sur Fortant de France, associé au littoral, aux monts et collines pour hiérarchiser les IGP, contre des visuels plus modernes pour Maison Fortant sur l’Art (dont Skalli a été longtemps mécène), la ville de Sète et son univers marin.

En attendant que les négociations de rachat des bâtiments voisins aboutissent pour lancer un ambitieux projet œnotouristique (avec caveau et musée), la marque a retravaillé son image. À commencer par le logo qui reprend désormais la façade du chai, le phare sétois, la date de la fondation (1920) et la signature « Vins Singuliers », faisant référence à l’île singulière, comme Paul Valéry appelait sa ville.

« Nous avions un packaging sérieux pour positionner nos IGP en vins de cépages sur un créneau premium et nous sommes passés à un univers plus moderne avec un changement radical de packaging, explique le directeur et œnologue Laurent Sauvage. Il est fini le temps d’une étiquette de marque pour 30 vins ; nous avons donc choisi de casser les codes avec des symboles maritimes forts » pour la nouvelle gamme Littoral (à 5 € chez les cavistes) : le compas et les embruns pour le sauvignon, le phare et le hublot pour le chardonnay, le poulpe pour le merlot, l’ancre de marine pour le cabernet sauvignon et la baleine à bec de dauphin, animal mythologique local, pour le rosé.

« On peut être vegan et boire du vin »

Outre la gamme Grande Nuit, 5 références de vins de cépages récoltés de nuit pour plus de fraîcheur (environ 4 € en grandes surfaces), et une gamme Grands Terroirs mettant en avant des appellations Villages du Languedoc (6-8 € en circuit traditionnel), Boisset a voulu également innover avec des vins bios, nature et même vegan : la gamme Nature de Fortant (4.50€) propose des vins bios ou sans sulfites. « Les deux étaient un pari trop risqué, reconnaît Laurent Sauvage. On fait des vins avant tout et on se méfie des modes alors on préfère procéder par étape. » D’où un merlot et un cabernet sauvignon en bio, un chardonnay, un merlot et un cabernet sauvignon sans sulfites ajoutés avec une étiquette recyclée à l’encre végétale, « pour être cohérent dans la démarche, et à terme avec un bouchon VFC ».

Mais la véritable innovation est le fruit de la rencontre entre Laurent Sauvage et Jean Luc Rabanel, le chef cuisinier d’Arles : la création d’une gamme Fortant Veg (bio et collés à la protéine de pois). « Une cuisine fraîche et croquante de légumes nécessite des vins légers et on peut être vegan en ayant le droit de boire du vin et de se faire plaisir » affirme le tonitruant chef gardois.

La gamme comprend 2 IGP Pays d’Oc (6 €) blanc et rouge, les assemblages pouvant varier selon l’année, un coteaux d’Aix blanc et un saint-chinian rouge (10-12 €). Pas de rosé, plus difficile en bio. Ils seront distribués chez les cavistes et à L’Atelier de Jean-Luc Rabanel, mais également au Japon, en Scandinavie, en Grande-Bretagne…

– Fortant Veg Pays d’Oc blanc 2016 : un viognier-chardonnay floral (chèvrefeuille) sur des arômes d’abricot, une pointe citronnée, de belle fraîcheur.

– Fortant Veg Coteaux d’Aix blanc 2016 : un rolle-grenache blanc floral (jasmin) sur des notes de citron jaune, frais et croquant.

– Fortant Veg IGP Pays d’Oc rouge 2016 : un grenache, merlot, mourvèdre aux notes de fraises écrasées, de garrigue et basilic, souple et velouté.

– Fortant Veg Saint-Chinian rouge 2016 : un syrah, grenache, mourvèdre sur des fruits noirs, la garrigue et quelques tanins plus serrés.