Des grêlons comme des rafales de « mitraillette »: les viticulteurs des prestigieux vignobles de la Côte de Beaune constataient les dégâts dimanche, même si les générateurs anti-grêle installés début juin ont permis, selon eux, d’éviter le « pire ».

Dans ses vignes de Pommard (Côte-d’Or), Jean-Louis Moissenet a décrit un paysage « désolant »: « les raisins sont à terre, le feuillage est haché et les bois sont largement touchés ». Les pertes de récolte dans les parcelles sont comprises entre 50 et 90%, a-t-il estimé. « C’est même plus grave que l’année dernière », déplorait Jean-Louis Moissenet, tandis que la Côte de Beaune subit pour la troisième année consécutive de violents orages de grêle.

Samedi vers 16h30, la grêle est tombée en abondance en Côte-d’Or, sur un couloir s’étendant entre Santenay et Beaune, où poussent de prestigieuses appellations viticoles.

« On est mal, on ne sait pas comment on va tenir le choc »

A Pommard, « tous les premiers crus sont ravagés et les appellations village sont très touchés », a constaté une viticultrice.

Les conséquences économiques de ce nouvel épisode de grêle toucheraient l’ensemble de la filière viticole dans la région, certains domaines se trouvant dans des « situations très tendues ».

« On est mal, on ne sait pas comment on va tenir le choc », a alerté Jean-Louis Moissenet.

Pour tenter de protéger le sud de la Bourgogne de la grêle, une trentaine de générateurs à iodure d’argent, destinés à diminuer le nombre et la taille des grêlons, avaient été installés début juin.

Samedi, suite à l’alerte orange aux orages lancée par Météo France sur 32 départements, les générateurs avaient été mis en fonctionnement pour la première fois dans la région. Mais les dégats dans le vignoble montrent les limites du système.

Conscient que « ce dispositif est fait pour diminuer de moitié la grêle », Jean-Louis Moissenet supposait: « Peut-être aurions-nous eu des grêlons plus gros sans ça ? »