Photo Pierre Martinez
Photo Pierre Martinez

« Il ne faut pas idéaliser le changement de vie, mais il fallait être idéaliste pour le faire, et si c’était à refaire on le referait », c’est ainsi que parle Pascal Dalier qui a tout changé par passion du vin.

120 salariés, 3000 véhicules commercialisés, mais ça c’était avant ! Car aujourd’hui, Pascal Dalier travaille ses huit hectares et demi avec son épouse Christiane, sur les coteaux parmi les plus hauts du vignoble de Montpeyroux, au cœur des Terrasses du Larzac à plus de 300 mètres d’altitude. « J’ai toujours été passionné de vin, une passion transmise par mon père ; j’ai vendu mon entreprise en 2008, mis en pratique en 2009 chez Alain Chabanon toute la théorie que j’avais appris tout seul, j’ai fait un inventaire des terroirs depuis Sommières jusque Saint-Jean de Minervois parce que pour moi, le Languedoc, c’est l’Eldorado du vin. Par rapport à mes goûts, ça ne pouvait pas être ailleurs. Et ma conviction c’était que le bio était la seule solution pour faire des vins purs et intenses ». Choisissant dès 2009 d’acheter des vignes déjà conduites en agriculture biologique (et aujourd’hui en biodynamie), le néo-vigneron s’est attaché à réunir une palette de sols différents, cailloutis, argilo-calcaire, calcaire jurassique sur lesquels grenache noir, syrah, mourvèdre, cinsault et grenache gris pour les cépages autochtones composent une palette méditerranéenne complétée par quelques arpents d’un audacieux riesling. Vendanges et tri manuels, vinifications sans soufre, élevage combinant œuf béton et cuve pour les blancs, plus foudre et barriques pour les rouges.

Mais à partir de cette palette, les vins du domaine du Joncas, affirment un style : toutes les cuvées sont ciselées pour obtenir une texture fine, serrée, et toutes laissent en bouche une sensation minérale, véritable signature du domaine.

Joïa (pour joie en occitan) 2014 : 70% de grenache « créé pour être l’antithèse du vin languedocien (du siècle dernier quand même) », complété de syrah et d’un tout petit peu de cinsault, affiche une teinte grenat translucide, fleure le noyau de cerise, le laurier et l’œillet.
Obra (pour œuvre en occitan) 2013 : inverse les proportions avec 70% de syrah en sélection parcellaire sur les trois types de sols et livre des saveurs de fruits noirs, plus concentré que Joïa mais tout en retenue classieuse avec une finale très longue, méditerranéenne et minérale.
Nébla (pour brume en occitan) 2014 : le vin courtois de la gamme, assemblage de tous les cépages rouges, il surprend par sa buvabilité et sa séduction immédiate. Mais toujours droit !
Canta (pour chant en occitan) 2014 : voilà le riesling, sans exubérance, très net, combinant des saveurs de citron doux, de chèvrefeuille, un équilibre presque salin, tout en finesse.
Alba (pour l’aube en occitan) 2014 : un grenache gris (une plantation des Dalier, alors que les vignes du domaine ont en moyenne trente ans) à l’expression printanière, fine (touche citrus, lichen et silex) et minérale.
Si l’on prend chaque première lettre des noms de cuvée, on forme JONCA, il manque donc un S pour obtenir le nom du domaine. S comme Simpla, le simple, le pur en occitan, celui qui pour l’instant dort encore dans une barrique couvée au cellier de Joncas. Micro-cuvée que nous attendons avec impatience ! Chut…

C’était le premier millésime :
2011 : « tout le monde nous disait que c’était un millésime de rêve mais nous on ne le voyait pas car on avait le cerveau en feu ! Quand on le goûte aujourd’hui on se dit que c’était vrai »
(extrait du Terre de Vins N°19)
L’arrivée d’un nouveau vigneron à Montpeyroux est un événement. A cause bien sur du potentiel avéré de ce terroir, ensuite ici pour le parrainage bienfaisant d’Alain Chabanon, vigneron d’exception. Première cuvée, Joia 2011 est un Languedoc au nez atypique de fleurs anciennes, de genêts, de framboise, puis de fruits secs (dates et figues). Le palais encore sur la réserve présente une belle fluidité, du soyeux, un rien d’austérité qui n’attend que l’hiver pour délivrer son bouquet épicé. C’est vraiment un joli vin, un assemblage de grenache et syrah, pour un quart couvés en œuf béton, une confession de la terre de Montpeyroux, c’est ciselé, profond et fin à la fois. Évidemment c’est aussi une promesse pour la grande cuvée à venir, Obra, mais en attendant, un joli faisan en cocotte devrait combler les amateurs. De la race !
(extrait du Terre de Vins N°22)
Déjà dégusté en brut de cuve lors des journées « toutes caves ouvertes » à Montpeyroux, cet Obra 2011 confirme en bouteille tout son potentiel. Pascal et Christiane Darlier ont repris une partie des vignes du domaine des Grécaux et ont eu la bonne idée de suivre les conseils d’Alain Chabanon, grand vigneron du cru Montpeyroux. A la fois puissant et classieux, cet assemblage syrah grenache offre non pas une typicité cépage mais bien terroir avec sa robe limpide et brillante, son nez délicat et profond de cade, laurier et mûre d’une telle beauté qu’on ne se lasse pas de le respirer. Splendide sur tous les points : de l’équilibre, ce qu’il faut de gras, d’acidité, de fruits, de puissance. Élégant et grand. Avec un thon snacké, filet mignon en croûte d’herbes, pintade…

Christiane et Pascal Darlier, 34150 Montpeyroux, 04 67 88 57 70 et 06 09 43 29 61.
www.domaine-du-joncas.com
A Millésime bio, Hall B2, stand 7.