La frénésie de la semaine des primeurs passée, nous avons demandé à Antoine Médeville, dont les laboratoires Oenoconseil (1) suivent près de 250 propriétés dans le Bordelais, son regard sur ce millésime 2014. Il l’affirme : malgré de très belles réussites, pas question de parler de millésime du siècle.

Avec quelques jours de recul sur la semaine des primeurs, quel est votre sentiment sur ce 2014 ?
J’ai goûté de très belles choses un peu partout. Alors, certains ont préféré les médoc, d’autres les saint-émilion ou les pessac-léognan. Sur ce point, je dirais que c’est l’affaire de chacun. Mais pour moi, si ce 2014 est un bon millésime, ce n’est pas non plus le millésime du siècle. Il n’y a pas de comparaisons possibles avec 2009 et 2010 comme j’ai pu l’entendre. Restons les pieds sur les terres.

Dès lors à quel millésime se référer pour ce 2014 ?
Regardez 2012, qu’on avait un peu décrit, on se rend compte aujourd’hui que ces vins ont de bonnes structures. Pour moi, ce 2014 se rapproche des 2011 et 2012. Il y a une bonne fraîcheur, de l’acidité, ces vins pourront se garder, même s’ils n’ont pas la qualité des tanins de 2009 et 2010.

De l’avis de tous, 2014 signe aussi le retour des volumes. Partagez-vous ce constat ?
Oui. Mais là encore, il faut nuancer. Dans le Médoc, il y a des volumes au sud de Saint-Estèphe et à Saint-Estèphe mais au-dessus, dans l’appellation Médoc, n’oublions pas qu’il y a eu un important épisode de grêle. Là, dans certains endroits, les récoltes sont plus faibles qu’en 2013. Résultat, cela fait deux ans que cette appellation souffre de volumes peu importants.

Donnez-nous vos coups de cœur pour ce 2014.
En blanc, Le Cygne de Fonréaud (bordeaux blanc). En rouge, les châteaux Charmail (haut-médoc), Charmant (Margaux) et Tour Castillon (Médoc) notamment. En Sauternes : Haut-Bergeron.

JD

(1) Oenoconseil a trois laboratoire en Gironde : Pauillac, Beychac-et-Caillau et Preignac