(photos JM Brouard)
(photos JM Brouard)

La grande maison de Chablis ne se concentre pas uniquement sur le vin star de la région mais affiche une grande tradition de production de crémants et regarde aussi vers les appellations régionales.

C’est une auguste maison de Chablis, fondée en 1840, que la célèbre maison beaunoise Louis Latour a fait rentrer dans son giron en 2003. Une maison à l’ADN bien spécifique, marqué depuis ses origines par les vignobles les plus septentrionaux de Bourgogne, dans le grand Auxerrois. Avec une spécificité, celle de n’avoir produit au cours de son premier siècle d’existence que des « Chablis mousseux », terme utilisé à l’époque pour nommer l’ancêtre du crémant de Bourgogne. Dans la seconde moitié du XIXème siècle, « la Bourgogne produisait déjà de grands volumes de vins effervescents dans trois pôles principaux qu’étaient Rully, Nuits-saint-Georges et bien sûr Chablis ». Jean-Philippe Archambaud, directeur général de la maison Simonnet-Febvre depuis 2004, est fier de ce passé. Il se plaît même à rappeler qu’une facture de 1891 portant sur l’achat de Chablis mousseux Simonnet-Febvre par la Maison Latour a été conservé par les deux maisons, clin d’œil historique un siècle avant leur union. Aujourd’hui, Jean-Philippe perpétue la tradition puisque 25% de la production est constituée par des crémants de Bourgogne. Simonnet-Febvre est d’ailleurs la dernière maison de Chablis à produire des crémants. Les stars locales que sont les Chablis et Chablis premiers crus représentent 50% de la production, le reste correspondant à des appellations régionales dont on pressent ici qu’elles ont un vrai rôle à jouer auprès des consommateurs.

Une mosaïque de vins

Actuellement, le marché français n’est destinataire que de 16% des vins produits. Jean-Philippe Archambaud souhaite progressivement porter cette part à 40%. Un effort important qui passe par une meilleure visibilité des vins de la maison sur le marché national. A cet effet, la maison Simonnet-Febvre vient de lancer son site de vente en ligne. Une aubaine pour les consommateurs qui vont pouvoir désormais facilement découvrir la gamme de 42 cuvées proposées. Évidemment, les crémants sont des incontournables, avec des rapports qualité-prix dignes du plus grand intérêt.
Le « Blanc brut » (10,45€) à dominance de chardonnay (60%) bénéficie par exemple d’un élevage de 24 mois sur lattes qui lui confère une intéressante complexité tout en conservant une belle fraîcheur. Certains amateurs se tourneront davantage vers la cuvée « P100 » (11,20€), un blanc de Noir tout en opulence qui est un compagnon tout désigné pour la table, ou vers le « Dosage zéro Blanc de Blanc » 2013 (16,25€) à la matière ample qui nécessitera 2 à 3 ans de cave avant de s’exprimer pleinement. Et si les Chablis premier cru comme le « Vaillons » 2015 (22,15€) ou le « Mont-de-Milieu » 2015 (23,30€) s’acoquineront parfaitement avec des charcuteries de première qualité (belle terrine ou pâté en croûte maigre), ce sont les vins du grand Auxerrois qui sont à redécouvrir. Mention spéciale pour l’Irancy « Paradis » 2015 (15,90€), une sélection 100% pinot noir (l’Irancy contient en général jusqu’à 10% de cépage césar) produite en petite quantité époustouflante au nez, avec des notes marquées de fruits rouges et de cumin. Un vin qui n’a pas à rougir de la comparaison avec certains produits plus au sud, du côté de Beaune. Et pour les plus curieux, les vins des coteaux de l’Auxois, une appellation délaissée de la région à laquelle croit la maison puisqu’elle y replante en moyenne 2 hectares par an. Une belle histoire qui continue donc de s’écrire.