Mikaël Grou vise un podium dans quelques semaines à Budapest. (photo : Jean Bernard)
Mikaël Grou vise un podium dans quelques semaines à Budapest. (photo : Jean Bernard)

Mikaël Grou est un sommelier heureux. Il vit une expérience professionnelle originale à l’autre bout du monde et surtout il a enfin remporté un titre national. En devenant Meilleur jeune sommelier d’Australie, ce Rennais de 28 ans, formé à la connaissance du vin et de son service par Christian Stévanin au lycée hôtelier de Dinard, voit également les portes d’un concours international s’ouvrir devant lui.

En effet, tout comme un autre Français en 2016, Emmanuel Cadieu, il représentera l’Australie au concours international du jeune sommelier organisé par la Chaîne des Rôtisseurs. Si dans l’Hexagone il n’a pu s’imposer malgré sa présence en finale du concours du Meilleur sommelier de France – Trophée Duval-Leroy à Vertus, puis du Meilleur sommelier de France à Beaune, l’Australie, où toutes les épreuves se déroulaient en anglais, lui a mieux réussi. Sélectionné dans la province du Queensland, il a rejoint les autres finalistes à Sydney.

« Nous étions cinq dont un autre Français, Miguel Giteau, et j’ai remporté le titre alors que je ne m’étais pas vraiment préparé… » Les acquis accumulés en France au fil des préparations de concours ont été bien utiles alors. Et donc, ils ouvrent au jeune Breton les portes de l’épreuve qui réunira les représentants d’une vingtaine de pays à Budapest, à la fin du mois de septembre. Entre temps, il a retrouvé la France pour une pause de quelques semaines.

De Sommeliers dating aux plages de Noosa

Car Mikaël Grou a pris goût au voyage. Au point de prendre le large en 2016 et de tourner la page après huit ans de vie professionnelle à Paris. Au George V d’abord, dont il a intégré l’équipe de sommellerie dès la fin de sa formation. Un long bail qui s’est achevé en 2015. « J’ai voulu vivre quelque chose de différent en m’associant à l’ouverture du restaurant A mère. Une expérience d’une année dans le cadre d’un lieu qui proposait une gastronomie simplifiée dans tout ce qui entourait la cuisine. Un concept peut-être un peu trop précurseur pour Paris. »

Au passage, invité de « Terre de vins » dans le cadre du premier Sommeliers Dating, il avait pu découvrir quelques nouveaux domaines à inscrire à sa carte. Quelques semaines plus tard, il bouclait ses valises et rejoignait Melbourne. « Carlos Simoes, ancien sommelier du Mandarin Oriental Paris, m’a accueilli au restaurant Vue de monde. Une première expérience que j’ai poursuivie ensuite à Noosa, au nord de Brisbane au sein de Sails, où Scott Estrich m’a permis d’en apprendre encore un peu plus sur le vignoble australien. Avec 800 références, dont la moitié issue de la production locale, le choix était large. C’était aussi le cas avec environ 30 % de vins français et notamment une belle sélection de vieux millésimes. J’ai également appris à comprendre la clientèle purement australienne. Les clients sont assez basiques dans leur façon de goûter mais ils savent ce qu’ils aiment et ils le disent. Au moins, c’est clair pour le sommelier. »

Être finaliste à Budapest en pensant au MOF

Son retour en France va lui permettre de préparer d’abord sa finale hongroise. « Avant mon départ, j’ai fait quelques entraînements avec Franck Moreau, le Français chef sommelier du groupe Merivale et Meilleur sommelier d’Asie-Océanie. Mon objectif, c’est d’être présent en finale et ainsi de faire au moins aussi bien qu’Emmanuel Cadieu, un autre Breton qui était monté sur le podium. » Mais Mikaël Grou a une autre idée en tête puisqu’il s’est inscrit aux épreuves de sélection du concours Un des meilleurs ouvriers de France. « Avec mon succès australien, je suis plus motivé que jamais. »

Et puis il envisage de partir à nouveau à l’étranger. Pour visiter d’autres vignobles et apprendre d’autres manières de travailler. « Et partager aussi ce que je sais. En Australie, mes collègues de travail me demandaient beaucoup de conseils sur les accords mets-vins… »