Photo: Phlabeguerie
Photo: Phlabeguerie

Le syndicat viticole des Graves vient de publier le palmarès des châteaux labellisés Ambassadeur de Graves. L’occasion de promouvoir un label qui repose sur des critères vertueux et originaux.

Ce label est attribué chaque année pour un vin et un millésime et n’est donc pas permanent. Il a demandé beaucoup de concertation au sein du syndicat et la question de sa visibilité et de sa compréhension par le consommateur demande une stratégie de communication forte. La dégustation des vins faite par des amateurs a retenu 13 vins (10 rouges et 3 blancs) qui ont toute chance de correspondre au goût du consommateur. On peut même se demander si ces vins au profil bien pensé ne tracent pas un chemin vers une définition des vins de Graves plus adaptée à la demande. A méditer.

Les critères à satisfaire

Une liste de prérequis est à satisfaire, vérifiés par un organisme indépendant QBvérification. Pour candidater le château doit pouvoir justifier :

– d’une certification : ISO 14001, HVE3, BIO et biodynamie.

– du label « vignobles & découvertes » délivré par Atout France, qui atteste de la capacité du château à recevoir du public dans de bonnes conditions : existence d’une offre de produits touristiques multiples et complémentaires (hébergement, restauration, visite de cave et dégustation, musée, événement…).

Une fois ce palier franchi, les vins sont sélectionnés par des dégustateurs « Monsieur tout le monde ». « Désignés par les consommateurs » nous dit le logo. C’est l’institut Techni’Sens, lui aussi organisme indépendant, qui est chargé de la sélection du panel et de l’organisation des dégustations. Ces dégustateurs sont « des clients amateurs qui parlent à leurs pairs » explique Mayeul L’Huillier, le Directeur du syndicat des Graves. Et quand on lui demande ce qui fait la force de ce label, la réponse vient sans hésitation : « les concours ne valorisent que le produit et occultent tous les aspects annexes. L’intérêt c’est l’addition des certifications et de la dégustation ». Une dégustation faite par 90 consommateurs grand public qui n’est pas le résultat d’une analyse gustative faite par des professionnels et qui parle à tous. Mayeul L’Huillier rappelle qu’on est « sur un vin côté premium des Graves :  le prix moyen en GD est autour de 7,5 € alors que le prix moyen de la bouteille labellisée se situe « entre 8 et 15 € », pour des vins destinés à être consommés « à partir de la fin de semaine, entre amis ».

Être pédagogique

Quel bilan peut-on faire de la première liste des labels « Ambassadeurs de Graves  2020 » ? Le Directeur du Syndicat est lucide : « nous n’avons pas assez recul pour analyser les premiers retours de marché mais on constate un frémissement chez les distributeurs concernant l’intérêt pour ce label ». Un label qui n’a pas d’autre visée que le marché national et qui veut se faire mieux connaître. De qui ? L’objectif est « un travail sur une communauté de distributeurs, cavistes et chefs de rayon notamment, pour lesquels on est en train de créer des outils de communication » : un travail important en direct de ces prescripteurs, en présentiel si possible.

Les vins dégustés attestent d’une vraie maîtrise des vinifications. Chaque vin a sa propre identité mais les points communs des 10 vins rouges labellisés sont l’équilibre et la rondeur. Les nez sont très souvent sur le fruit rouge. La bouche se caractérise par un côté soyeux des tanins qui rendent le vin plaisant sans lui retirer de la présence. La proportion de cabernet renforce la structure sans que jamais celle-ci ne domine le caractère délié et aimable du merlot. Pour les blancs, les effluves sont délicates, sur les fruits blancs et la fleur. La bouche révèle un sauvignon tempéré par le sémillon (typique des Graves), ce dernier apportant un peu de texture et de gras. Ces vins blancs sont polyvalents (apéritifs ou repas). La restauration devrait particulièrement y trouver son compte grâce à des vins accessibles dans leur jeunesse, sur un bon rapport qualité prix. Des vins qui peuvent être des références pour l’appellation, assurément.

Il reste à voir l’impact de ce label sur les ventes. Sera-t-il compris par les consommateurs ? Le syndicat y travaille. A suivre.