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Anjou-Saumur 2023 : les vendanges éprouvantes se terminent

Vendange de cabernet franc en Anjou à Blaison-Gohier ©I. Bachelard

Auteur

Isabelle
Bachelard

Date

17.10.2023

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Au terme de très longues vendanges, les Angevins font le point sur une récolte 2023 difficile mais finalement réussie, grâce à la patience attentionnée des équipes de vendangeurs qui ont su trier le chenin blanc comme les cabernets.

« Ouf » s’exclame Evelyne de Pontbriand en terminant la récolte qui a commencé par une semaine de tri pour éliminer ce qui n’était pas bon et s’est terminée par les rouges de cabernet le 5 octobre. « Le plus gros problème cette année, c’est la pourriture arrivée en septembre, bien que l’été n’ait pas été très chaud ». Dans son domaine du Closel à Savennières, il a fallu faire quatre passages au moins et c’était compliqué car « le doré n’était pas toujours mûr, le vert l’était parfois ». Elle rend hommage à ses vendangeurs compétents qui ont très bien travaillé. Le résultat lui convient, il n’y a aucun faux goût et un peu plus de volume que l’an dernier. 

Vendanges compliquées
Pour Alexis Soulas, du domaine Fief Noir à Saint-Lambert-du-Lattay il ne reste plus qu’une trie de Coteaux-du-Layon à faire la semaine du 16 octobre. Blancs secs et rouges sont rentrés, mais les vendanges ont été compliquées : « A la fin de la canicule début septembre, il y a eu un gros orage, 60 mm et ensuite l’humidité est restée, avec des nuits chaudes. Cette pourriture acide, c’est du jamais vu. » Lui aussi souligne l’importance de la vendange à la main. Il fallait une équipe conséquente et aller vite pour ne pas tout perdre, et en même temps être patient pour attendre que les chenins blancs et les cabernets francs aient le temps de mûrir. Il a fait trois passages pour les Anjou blancs, les grolleaux et pineaux d’aunis feront des vins agréables et légers. Grâce à la sortie généreuse du printemps, les tries n’affectent pas le volume final de récolte. Mais le domaine ne sortira pas toutes ses cuvées et ses différents parcellaires. 

Peu de moelleux en Anjou
Au Château La Varière, le directeur d’exploitation David Grellier est content : « Globalement c’est un chouette millésime, juste compliqué pour les moelleux ». L’année a commencé très sec, et ensuite humide, avec beaucoup de mildiou, mais qui a été maîtrisé. « Avec un été ni trop chaud ni trop froid, on pensait faire un millésime très précoce, puis les dernières semaines d’août ont été moins chaudes, ce qui a retardé la maturation. Le problème est venu avec les orages de septembre, certaines parcelles ont pris 30 mm d’eau, d’autres beaucoup moins », explique-t-il. Mais le pire a été le dernier orage avec à nouveau 30 mm le 21 septembre. « On a eu très peur car le raisin arrivait à maturité. Mais ensuite il a fait très beau et ce qui était pourri a séché. On fait des rouges superbes », précise-t-il. Pour les rosés, dont les demi-secs rosé d’Anjou et cabernets d’Anjou, l’année est réussie et généreuse en volume. C’est la part la plus importante du domaine de 150 ha. Il se réjouit d’avoir réussi des blancs vifs mais de belle densité, « le style que je recherche », grâce à un tri négatif avant la récolte.

©I. Bachelard

Côté moelleux, il apprécie d’avoir du beau botrytis pour faire des Coteaux du Layon. Mais il n’y aura pas de Quart-de-Chaume ou de Bonnezeaux cette année, car le tri serait trop compliqué pour les vendangeurs. Chez Patrick Baudouin à Chaudefonds-sur-Layon, pas question de faire des liquoreux cette année, car la récolte a été éprouvante et le besoin de vin sec est plus important. Il est satisfait d’en avoir produit en 2022. « Six semaines à trier pour faire des vins secs, c’est une première » déclare le vigneron qui en est pourtant à sa 33e vendange. « Avec le coup de chaud de début septembre et le lundi de pluie au début des vendanges, la vigne a cessé de fonctionner mais a pompé l’eau qui était tombée ». Ensuite, les vendangeurs ont dû éliminer la pourriture aigre (acide) et choisir grappe à grappe, car même les raisins jaunes n’étaient pas forcément mûrs. Le résultat est bon, entre 12 et 14 degrés, sans faux goût. 

Stocks reconstitués
Pour Pierre-Antoine Pinet, président de la Fédération viticole d’Anjou-Saumur, il y a un motif de satisfaction pour cette récolte plus compliquée que les années récentes, c’est que les volumes sont au rendez-vous, en particulier pour les vins effervescents dont les stocks avaient besoin d’être reconstitués. C’est pour l’ensemble des 26 appellations une récolte normale en quantité, la première depuis 2018. Les vendanges ont commencé le 28 août et très vite les pluies brèves mais intenses ont accéléré la maturité mais amené une dégradation sanitaire. Partout il a fallu trier, « heureusement que le volume était là au départ » conclut-il.  

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