(photo : F Hermine)
(photo : F Hermine)

Année record en 2018 pour les enchères du site Idealwine via sa filiale IWA (International Wine Auction). Selon le baromètre Idealwine 2019, le rythme des adjudications n’a jamais été aussi élevé avec 143 000 flacons vendus en ligne.

Joli millésime pour les ventes aux enchères d’Idealwine qui fêtait en 2018 les 10 ans de sa plateforme de ventes en ligne. « A un rythme de 3 ou 4 par mois, les ventes sont passées de 27 à 43 en un an dont 8 ventes de collections particulières (dédiées aux caves supérieures à 100 000€); elles ont suscité l’intérêt d’une soixantaine de pays acheteurs (une bouteille sur deux est vendue aux étrangers) », se félicite Angélique de Lencquesaing, directrice générale déléguée de la société. 143 000 flacons ont été adjugés en ligne en 2018 sur la plateforme regroupant ventes aux enchères et achats directs pour un montant de 17,46 M€ d’adjudications, soit une hausse de 28 % en volume et 32 % en valeur. La valeur moyenne d’une bouteille s’établit à 122€ (164€ en Bourgogne, 149€ en Champagne). Idealwine s’est hissée depuis cinq ans au premier rang des ventes au enchères en France (hors ventes caritatives) et représente les deux tiers des ventes électroniques de la catégorie « meubles et objets d’art » qui comprend les vins et spiritueux.

Une tendance bio-nature qui s’accentue

Certains facteurs influent sur les ventes comme les disponibilités de la dernière récolte « Elle a toujours une incidence. Quand elle n’est pas favorable comme 2017, l’attention se détourne du millésime pour se porter davantage vers les enchères, avoue Angélique de Lencquesaing. Et les niveaux records des prix aux Hospices de Beaune en novembre dernier n’ont pas joué en faveur d’une accalmie des cours des grands bourgognes ». En tête des tendances, les vins bio-biodynamiques (19% des ventes volume (soit une sur-représentation comparés aux 10% de l’ensemble du vignoble) avec un engouement pour de grands vins « nature » (Pontet-Canet, Palmer en Bordelais, mais également Overnoy dans le Jura, Bernaudeau en Loire, L’Anglore en Rhône). La demande progresse également fortement sur les grandes signatures de la vallée du Rhône, surtout de Rhône Nord et de Châteauneuf-du-Pape (Guigal, Rayas, Pignan, Fonsalette, Les Tours…). Bordeaux, Bourgogne et Rhône représentent 80 % des volumes, 87 % de la valeur. Parmi les domaines les plus présents aux enchères, Pétrus, Mouton-Rothschild, La Romanée-Conti, Lafite Rothschild et Coche-Dury. Les enchères montent également avec les grands millésimes ou le décès de vignerons emblématiques (Auguste Clape et Charles Rousseau des domaines éponymes, Henry-Frédéric Roch de Prieuré-Roch, Eric Albada Jelgersa de Giscours…).

Goûts historiques et diversification

La France est le premier pays acheteur devant Hong Kong et la Grande-Bretagne, hubs de réexpédition vers les grands collectionneurs notamment d’Asie. Le croissance des ventes d’Idealwine est estimée à 33% vers la Grande-Bretagne, dépassant le million d’euros, ce qui tendrait à prouver que les Britanniques font des réserves de grands crus avant le Brexit, mais elle reste en deçà du reste de l’Europe qui progresse de 48%. Après, la flambée des prix des grandes bouteilles en Chine, la dépréciation du yuan chinois, le ralentissement de la croissance et la diminution des cadeaux et diners d’affaires ont impacté les ventes. Une tendance illustrée par un ralentissement de la spéculation sur les grands flacons comme Lafite Rothschild, Mouton Rothschild, Latour, Margaux et Haut-Brion. Mais l’intérêt pour des vins rares et matures à consommer rapidement s’est nettement accru. Dans l’ensemble, si la demande reste forte sur les goûts historiques, les bordeaux qui sont néanmoins passé en 15 ans de 80% des volumes à moins de 50%, et les bourgognes malgré une hausse constante des prix, les enchères se diversifient de plus en plus, se répartissant sur les différentes régions viticoles françaises et même au-delà sur les grands vins italiens ou espagnols.