Ci-dessus : Lorenzo Pasquini et Sandrine Garbay.
Ci-dessus : Lorenzo Pasquini et Sandrine Garbay.

L’œnologue italien arrive du Château Giscours, à Margaux, pour ses premières vendanges à Sauternes en 2021.

Arrivé au poste de directeur d’exploitation en octobre 2020, Lorenzo Pasquini relève un challenge de taille : ses premières vendanges au Château d’Yquem seront celles de 2021, 100 ans après le millésime 1921 jugé comme le plus grand millésime du siècle au domaine.
Diplômé à Bordeaux, le brillant œnologue italien est déjà connu au sein des propriétés du groupe de luxe LVMH. Passé auparavant par le Château Palmer (familles Mähler-Besse et Sichel), en appellation Margaux, Lorenzo Pasquini a notamment participé à l’aventure Cheval des Andes, vignoble créé de toutes pièces en Argentine à l’initiative du Château Cheval Blanc, à Saint-Emilion, et du domaine Terrazas de los Andes, appartenant à LVMH.

Devenu ensuite régisseur du Château Giscours, du Château du Tertre à Margaux et du domaine Caiarossa en Toscane, le voilà de retour dans le giron du groupe de luxe de Bernard Arnault, pour ses premières vendanges à Sauternes.

Et c’est toujours avec la même humilité que Lorenzo Pasquini envisage ses premiers pas dans le Sauternais, montrant un regard neuf et attentif aux enjeux des vins liquoreux. Le directeur d’exploitation travaillera aux côtés de Sandrine Garbay, maître de chai d’Yquem, dans une équipe toujours prompte à se remettre en question à chaque millésime.
« Nous n’avons pas la parole de vérité », rappelle-t-il, même si le Château d’Yquem, seul domaine de Sauternes classé premier cru supérieur en 1955, reste un des mètres-étalons de l’appellation.

Terre de vins a aimé

Y, le vin blanc sec du Château d’Yquem
Nez assez botrytisé mais bouche sèche, Y affiche en quelque sorte un profil de sauternes sec. Créé en 1959, le vin blanc du Château d’Yquem (qui n’a pas l’appellation Sauternes) concentre autour de 5 grammes par litre de sucre résiduel (contre environ 145 grammes par litres pour le grand liquoreux d’Yquem). Historiquement, Y était à ses débuts élaboré avec des raisins de fin de vendanges, toujours très qualitatifs mais ne pouvant prétendre à l’appellation Sauternes, faute de concentration suffisante. Repensé au fil des ans, Y s’est dépouillé du style oxydatif pour gagner en fraîcheur. Le vin intègre depuis 2005 deux tiers de sauvignon à maturité, et un tiers de sémillon ramassé en légère surmaturité pour conserver ses notes de fruits mûrs caractéristiques.

Y millésime 2016, Château d’Yquem
75% sauvignon, 25% sémillon
182 €
Toujours, le nez de parfumeur est infiniment subtil, fleurs blanches, fruits frais, herbes fraîches et infusées, dans une phase toutefois légèrement réduite. 2016 est un millésime de chaleur (avec un été très sec) et de fraîcheur (dans ce jus aux vendanges précoces commencées en septembre). Le toucher de bouche est minutieux sur d’agréables nuances citron et pamplemousse. Un millésime tendu et délicat, qui délivre une impressionnante sensation de puissance et révèle son intensité dans une longueur interminable.