(photo F. Hermine)
(photo F. Hermine)

La Bastide de Blacailloux a décidé d’assumer sur ses bouteilles son ancrage provençal en troquant le pétale de rose pour le chêne vert et poursuit la restructuration de ses domaines varois.

Le chêne vert a remplacé le pétale de rose sur les bouteilles de Blacailloux. La propriété de 140 hectares est peuplée de ces arbres plus que centenaires cernant le vignoble et “blacaille” signifie chêne vert en provençal. D’où l’évidence du choix pour l’agence Big Happy qui a planché sur le nouvel emblème et l’identité visuelle. Une façon également pour le domaine de Tourves, au cœur du Var vert, de se réapproprier la Provence. C’est dans la même optique que les cuvées sont rebaptisées de noms provençaux : Eclosion devient Joio, signifiant ‘joie’ en provençal, Quintessence d’Eclosion est appelée Miraia (miroiter) évoquant l’éclat du soleil dans l’eau des fontaines et des sources, avec une illustration stylisée des nouveaux noms sur les bouteilles. Un parti pris voulu par le propriétaire, l’homme d’affaires Bruno Chamoin : “j’ai fait toute ma carrière à Paris, mais je comprends parfaitement le provençal pour l’avoir entendu parler pendant toute sa jeunesse”.

L’appellation Coteaux-Varois-en-Provence est mise en exergue sur les cuvées AOP. De quoi mettre à nouveau en lumière Blacailloux même si le directeur du domaine, Antoine Pirie, se réjouit de ne pas avoir trop souffert de la crise grâce à une présence renforcée dans le circuit cavistes et un démarrage à l’export vers les marchés du Benelux et de l’Allemagne. “Mais nous avons hâte de reprendre les événements mensuels à la cave (dégustations, soirées accords mets-vins, concerts, expositions…) et les visites du jeudis autour d’un plateau de fromages et charcuterie”.

Restructurations et pôle événementiel

Cette nouvelle identité visuelle accompagne une restructuration des différents domaines de la famille Chamoin, Blacailloux ayant été complété depuis quatre ans par le Domaine de la Julienne, le Château La Martine et le Domaine des Vallons de Frontfresque. “Nous allons spécialiser nos caves, annonce Antoine Pirie. Blacailloux va devenir la cave principale pour élaborer les cuvées plus volumiques comme la gamme IGP Var Saint Probace, et les rosés Joio et Miraia”. Le domaine Vallons de Fontfresque, déjà converti en bio par la précédente propriétaire Claire Sicamois, disparaît pour être intégré à Blacailloux (en bio depuis le millésime 2018 et en HVE) et après de gros investissements dans la cave, il sera dédié à partir de la vendange 2022 aux vins rouges et aux cuvées haut de gamme blancs et rosés. La cave accueillera des raisins issus de vendanges manuelles avec plusieurs tables de tri, réception gravitaire, vinification intégrale, des petits contenants en béton et des chais à barrique. “De nouvelles cuvées très haut de gamme à partir de vieilles vignes et de sélections parcellaires dans les trois couleurs y seront également élaborées à terme” précise Antoine Pirie. Le pôle événementiel, basé dans l’ancien domaine de la Julienne, en face de Blacailloux, est en cours de rénovation avec au-dessus de la cuverie, des salles modulables pour 10 à 350 personnes, rooftop, mezzanine, et sept suites dans la bastide. Quant au château La Martine, en cours de conversion bio pour 2022, il reste indépendant et vinifié séparément avec un lifting des étiquettes pour une cohérence de gamme, les vins étant réservés à la grande distribution tandis que ceux de Blacailloux sont distribués en CHR et auprès des cavistes et des particuliers.

Le groupe varois poursuit également la restructuration de ses vignobles avec des arrachages-replantations aux Vallons de Fontfresque et à La Martine “en restant sur des cépages locaux comme le grenache, la syrah, le rolle, avec un peu de cabernet-sauvignon et nous allons replanté une parcelle de sauvignon pour apporter de la fraîcheur dans le blanc de Saint-Probace”, ajoute Antoine Pirie. Les deux tiers de la production est élaborée en rosés, 15% en rouge, 20% en blanc. Le château de La Martine (45 ha) va par ailleurs être clôturé pour le protéger de l’invasion des sangliers (4 hectares ravagés en 2020).