(photo JB Nadeau)
(photo JB Nadeau)

Présent pour la première fois à Bordeaux Tasting, Château Talbot, plus vaste propriété de Saint-Julien, est représenté par Jean-Michel Laporte, qui en a pris la direction au printemps 2018. Il fait le point sur toutes les actualités du 4ème Grand Cru Classé.

Château Talbot n’en finit plus de connaître un éblouissant renouveau. Le 4ème Grand Cru Classé 1855, plus grande superficie des propriétés de Saint-Julien (110 hectares), est une marque de renommée internationale – portée par son nom hérité de John Talbot connétable de l’armée anglaise, mort en 1453 lors de la bataille de Castillon qui mit fin à la Guerre de Cent Ans – mais qui s’était un peu assoupie ces dernières années par rapport à d’autres poids lourds médocains. L’heure du réveil a bel et bien sonné. Ce nouvel élan s’est incarné début 2018 avec l’arrivée d’un nouveau directeur, Jean-Michel Laporte, qui s’était notamment illustré avec succès au château La Conseillante à Pomerol. Depuis, Talbot est revenu progressivement sur le devant de la scène. La participation à Bordeaux Tasting, une première pour ce grand cru classé, participe de cette nouvelle stratégie de visibilité.

“Jusqu’ici nous faisions peu de salons destinés au grand public, mis à part quelques exceptions à l’étranger”, précise Jean-Michel Laporte. “Or Talbot est une marque connue et aimée en France, qui représente 20% de notre marché. Il est donc important de rester au contact du consommateur français et bordelais, d’autant que notre positionnement prix nous place parmi les grands crus classés accessibles”. Dans la même philosophie, le château Talbot a mis l’accent depuis plusieurs mois sur une plus grande ouverture au grand public comme aux professionnels. En enrichissant, par exemple, l’offre œnotouristique, qui devrait s’agrémenter dès l’année prochaine de nouvelles formules de visites (axées sur les assemblages, sur l’élevage des vins, sur les millésimes évolués…) Ou en recevant de façon plus soutenue les professionnels – négociants, clients, journalistes : “Talbot produit de grands vins, nous avons le savoir-faire mais il faut développer le faire-savoir”, argumente Jean-Michel Laporte, qui rappelle notamment une superbe verticale organisée il y a un an pour célébrer le centenaire du rachat de la propriété par la famille Cordier.

142 bouteilles adjugées pour près de 100 000 euros

Toujours dans cet élan de célébration du centenaire de l’acquisition par la famille Cordier, Talbot a mis en vente une collection unique de 142 bouteilles avec le négociant bordelais Wineandco. L’ensemble a été adjugé le mercredi 11 décembre à 97 681 euros chez Sotheby’s à Londres. Estimé à 30 000 euros, ce lot d’exception incluant des millésimes de 1926 à 2010 a été vendu plus de trois fois son estimation à un particulier anglais. Pour prolonger cette vente, 13 millésimes prestigieux entre 1955 et 2009, comme les mythiques 1964 ou 1982, sont également disponibles sur le site Wineandco.

De même, Talbot a révélé il y a quelques semaines un habillage particulier pour son 2018, millésime “du centenaire” dont l’illustration a été choisie par Nancy Bignon-Cordier elle-même. “Il s’agit avant tout d’une opération d’image auprès des collectionneurs, dans la mesure où notre millésime 2018 a été très bien vendu en primeurs”, précise Jean-Michel Laporte. “Cela contribue à replacer Château Talbot sur la carte”. Une carte assez vaste : actuellement commercialisé à 90% via la place de Bordeaux, Talbot est distribué dans 140 pays à travers le monde.