Retour en images sur la Master Class « Médoc : la magie des années 2000 », au cours de laquelle les châteaux Calon-Ségur (Saint-Estèphe) et Rauzan-Ségla (Margaux) ont dévoilé toutes les nuances du style médocain. Avant d’accueillir un invité d’honneur, le Super Toscan Ornellaia.

Laurent Dufau pour Calon-Ségur, Nicolas Audebert pour Rauzan-Ségla : deux quadragénaires bien décidés à dynamiser le paysage bordelais, fraîchement arrivés aux commandes de deux grands crus prestigieux (trois, en l’occurrence, dans le cas de Nicolas Audebert, puisqu’il dirige aussi le château Canon, autre propriété de la maison Chanel à Bordeaux), étaient les têtes d’affiche de la dernière Master Class de Bordeaux Tasting : « Médoc, la magie des années 2000 ».

Laurent Dufau, architecte depuis 2013 de la renaissance du château Calon-Ségur, 3ème Grand Cru Classé 1855 (Saint-Estèphe), ancienne propriété de la famille Capbern Gasqueton reconnue depuis longtemps pour la qualité de ses terroirs mais désormais propulsée vers l’excellence, grâce à des investissements colossaux (25 millions d’euros) à la vigne comme dans les installations techniques.

Nicolas Audebert, qui a repris pleinement en juillet dernier les rênes des deux propriétés bordelaises de la maison Chanel, Château Canon (Premier Grand Cru Classé de Saint-Emilion) et Château Rauzan-Ségla (2ème Grand Cru Classé 1855, Margaux). Cet ingénieur agronome et œnologue, qui a travaillé 15 ans pour le groupe Moët Hennessy, a pris en douceur le relais de John Kolasa.

Deux hommes, deux appellations, deux terroirs, deux vins, trois millésimes, pour une Master Class passionnante, ponctuée par une belle surprise : la participation de Tim Banks, directeur du domaine Ornellaia, emblématique Super Toscan, presque le plus « bordelais » des vins italiens.


Gérard Basset, meilleur sommelier du monde, décante les bouteilles à la bougie, près de deux heures avant le début de la Master Class. Les vins seront ensuite remis en bouteille.


Rodolphe Wartel présente et félicite la belle équipe des jeunes sommeliers qui ont assuré le service des vins pendant ces deux jours.


Salle comble pour cette dernière Master Class : les amateurs étaient venus nombreux pour déguster trois millésimes de Calon-Ségur et Rauzan-Ségla.


Calon-Ségur 2010 : « un très, très beau millésime de Calon. Il faudra encore du temps pour savoir si c’est le millésime du siècle. Pour moi c’est un millésime plus « Bordeaux » que 2009. On peut le comparer à l’immense 1982″ (Laurent Dufau). « C’est un vin qui a un fabuleux potentiel de garde, il sera à son apogée dans 30 ou 40 ans », ajoute Gérard Basset.


Rauzan-Ségla 2010 : « Saint-Estèphe et Margaux sont les appellations du Médoc les plus opposées. Margaux est plus en dentelle, plus aérien : la souplesse du merlot combinée à l’élégance des terroirs. Ce 2010 est un vin qui va s’exprimer rapidement, mais aussi traverser le temps avec grâce » (Nicolas Audebert).


Calon-Ségur 2005 : « un millésime de transition à Calon, les propriétaires de l’époque amorçaient leur travail de progression. C’est un très beau millésime dans le Médoc, une belle dualité entre puissance et finesse. On travaille de tels vins comme des notes de musique » (Laurent Dufau).


Rauzan-Ségla 2005 : « c’est une année d’équilibre, mais à l’intensité marquée. Un tel millésime c’est la mémoire d’un château », déclare Nicolas Audebert. Gérard Basset et Sylvie Tonnaire ventent « sa bouche soyeuse, souple, gourmande, sa finale épicée ».


Calon-Ségur 2000 : « difficile de juger ce millésime, tant les attentes ont été élevées à cause de l’effet An 2000 », déclare Laurent Dufau sans langue de bois. « Il est beaucoup plus hétérogène que ce que l’on pense à Bordeaux. S’il fallait le refaire, je pense qu’on en produirait moins. Cela dit, c’est un très joli millésime ». Gérard Basset souligne « ses belles notes d’évolution, son caractère un peu poivré », tandis que Sylvie Tonnaire décèle « de la truffe et du cuir, avec une jolie acidité ».


Rauzan-Ségla 2000 : « c’est un vin juste, droit dans ses bottes, mais qui reste très soyeux. Il a éclipsé injustement d’autres millésimes, comme le 2001 ». « Boîte à cigare, gibier, premier nez fumé, texture fine et légère »… Gérard Basset et Sylvie Tonnaire sont conquis.


Clou du spectacle, un invité surprise : le Super Toscan Ornellaia. Son directeur Tim Banks a choisi le millésime 2005 « pour sa fraîcheur, qui se distingue malgré son profil solaire. Je suis très heureux de présenter Ornellaia à Bordeaux : être associé aux grands vins de Bordeaux fait partie de nos ambitions ».


De gauche à droite : Gérard Basset, Tim Banks (Ornellaia), Laurent Dufau (Calon-Ségur), Nicolas Audebert (Rauzan-Ségla).