Jean-Luc Baldès (photo F. Hermine)
Jean-Luc Baldès (photo F. Hermine)

La famille Baldès, à défaut d’avoir pu fêter les 190 ans du domaine, s’offre de nouvelles étiquettes pour rajeunir et moderniser l’image de ses cahors.

Dans la famille Baldès, la gamme a toujours évolué avec la création de nouvelles cuvées, désormais une quinzaine de références. Jean-Luc a amorcé le changement avec le New Black Wine, cuvée d’exception 100% malbec créée en 1994 pour renouer avec la tradition lotoise des vins chauffés dans un four à pruneaux avant un élevage d’un an en fûts de chêne. Le packaging en bouteille haute avec son étiquette vitrail (que l’on peut retrouver dans le musée du domaine) dénotait déjà des visuels traditionnels de fermes et châteaux dessinés en noir et blanc (la cuvée classique malbec-merlot-tannat a gardé ce style). Son père Jean avait aussi lancé le haut de gamme du Clos, en 1976, Probus du nom de l’empereur romain qui avait permit le retour de la vigne dans le Quercy à la fin du IIIe siècle (lLa cuvée s’appelait Prince Noir à l’origine mais le nom ayant déjà été déposé par Barton & Guestier, elle a été rebaptisée Prince Probus puis Probus tout court, également en 100% malbec). Cette fois-ci, c’est le Malbec du Clos (8,95€) qui s’offre un sérieux coup de jeune. « Nous avons voulu faire un clin d’œil au vignoble d’Argentine en rappelant que Cahors reste le pays d’origine du malbec et qu’il peut aussi se montrer moderne, ironise Jean-Luc Baldès. D’où le slogan ‘Cahors is not dead’ sur cette bouteille de ‘French Malbec’, C’est aussi une façon d’afficher notre différence. La nouvelle étiquette sera réservée aux circuits traditionnels, cavistes et restaurants, et aux particuliers et à l’export même si nous allons garder les deux étiquettes car le marché américain par exemple va préférer le visuel traditionnel ».

Dans le sillage du New Black Wine, puis du New Pink Wine, un rosé de malbec élevé en barriques neuves et lancé au printemps dernier, la série va prochainement s’étoffer avec un blanc. La gamme pour le circuit Grande Distribution va également être dynamisée, notamment avec un nouveau cahors La Part des Biches (en millésime 2018 pour ce premier tirage), à l’étiquette moderne et animalière en bouteille bourguignonne (6€). Une série de 100 000 cols est en cours d’approvisionnement en rayon.

Bientôt la 8ème génération

Cette année, Jean-Luc Baldès espère remonter les 100 bouteilles de Probus qui avaient été descendues à 80 m sous terre dans le gouffre de Padirac pour une vente aux enchères d’exception au profit de la Ligue contre le Cancer. Il attend également avec impatience la ré-autorisation des dégustations au caveau (juste ouvert pour les achats des particuliers), le Lot étant l’un des rares départements frappé par une interdiction préfectorale sur le sujet depuis le 20 janvier dernier.

Ce rajeunissement de la gamme est aussi une façon de fêter les 190 ans du domaine, les festivités ayant du être annulées l’an dernier en raison de la crise sanitaire. « On attendra les 200 ans pour faire une grande fête », conclut, philosophe, le vigneron qui se réjouit surtout de l’arrivée de la 8ème génération au domaine. Sa fille Juliette devrait rejoindre le Clos d’ici 2023 après des études de commerce international et un master SupAgro… suivie peut-être de son frère Jean qui n’a encore que 14 ans mais s’intéresse déjà beaucoup au commerce du vin. L’avenir du Clos Triguedina semble être assuré.