Petite princesse des Corbières à l’histoire bicentenaire, le Château La Cendrillon connaît une nouvelle jeunesse depuis 2005 : Robert Joyeux, qui a repris le flambeau familial, met tout en œuvre pour hisser les vins au sommet de la qualité. Avec, depuis juin 2011, l’appui d’un conseiller de luxe : Eloi Dürrbach, du Domaine de Trévallon.

Quand Robert Joyeux évoque sa Cendrillon, son enfant, son grand projet, il est intarissable : « le Château La Cendrillon est dans ma famille depuis le XVIIème siècle. Cette transmission est un élément fort de l’identité du domaine, mais cela ne fait finalement qu’une vingtaine d’années que le vignoble a pris un véritable essor. » Le grand virage d’une viticulture de qualité sur cette propriété de 42 hectares, c’est en effet Robert Joyeux qui l’a amorcé en reprenant le domaine en 1993. Depuis, ce retraité de l’industrie, grand passionné de vins fins, a tout mis en œuvre pour produire de grands vins au Château La Cendrillon. Il s’y est consacré pleinement à partir de 2005, avec sa femme Geneviève et ses enfants, concédant d’importants investissements humains, techniques et financiers pour faire de La Cendrillon un grand vin de Corbières.

Une grande transformation

« Les vins de Corbières souffrent de certaines idées reçues, mais j’ai toujours cru en cette région, en ce terroir, en cette diversité de cépages qui constitue une richesse considérable. Mon idée était de produire des vins qui ne renient pas leur région, qui arborent la typicité des Corbières, mais qui évitent tout stéréotype : aller vers la finesse, l’élégance, l’équilibre, la complexité des grands vins ». Pour fixer son cap, Robert Joyeux a passé beaucoup de temps dans le Bordelais et en Bourgogne, et s’est inspiré de cette « culture de la précision » qui est fortement ancrée dans ces régions où « le vin est travaillé, il se mérite, car il est produit dans des conditions moins « faciles » que dans des régions plus méridionales ». S’il a fortement rénové l’outil technique au domaine (régulation thermique, chai de 250 m2 enterré à six mètres de profondeur), Robert Joyeux a surtout beaucoup réfléchi sur la conduite de la vigne : un gros travail de replantage a été amorcé – il est toujours en cours, au rythme de 5-6 hectares par an – avec une étude intensive du parcellaire et un fort accent mis sur la diversité des cépages – une dizaine au total. Sans oublier, bien sûr, une conversion progressive en agriculture biologique qui devrait être certifiée cette année. De là à dire qu’il a transformé la citrouille en carrosse… Robert Joyeux explique : « on ne peut faire de grand vin qu’en respectant les sols, en respectant l’environnement, et en étant au plus près de son terroir. Il faut une conduite de la vigne raisonnée, et une vinification maîtrisée, la moins interventionniste possible, pour trouver une pure expression ».

Une rencontre décisive

Toujours exigeant, Robert Joyeux ne compte pas se reposer sur ses lauriers. Depuis juin 2011, sa belle Cendrillon s’est trouvé un nouveau Prince Charmant en la personne d’Eloi Dürrbach, le charismatique propriétaire du Domaine de Trévallon, en Provence. A la suite d’une rencontre fortuite, les deux hommes ont sympathisé, et Eloi Dürrbach a accepté de venir prodiguer ses conseils pour encore améliorer la qualité des vins du Château La Cendrillon. Il apporte son expérience, son indépendance, ses talents de dégustateur, sa connaissance de la vigne et du terroir, son humilité aussi, pour faire de La Cendrillon une princesse inoubliable.
On pourra juger sur pièces de sa contribution dès ce printemps, lorsque la première cuvée « Vin de Pays d’Oc » du domaine sera mise en vente. Il faudra patienter davantage pour goûter l’AOP Corbières, et surtout les deux cuvées spéciales L’inédite (Syrah 65%, Grenache 25%, Carignan 10%) et La Cendrillon (Mourvèdre 60%, Syrah 40%) qui passent 18 mois en fûts avant d’être commercialisées. Aux douze coups de minuit, Cendrillon sera-t-elle la reine du bal ?

www.lacendrillon.fr