Propriété de Jean-Luc Sylvain, président des tonneliers de France, le château la Perrière, présent au salon de La Rochelle, sort de l’ombre des stars de Saint-Emilion. Le domaine sait où il va. Sans abuser du bois.

« Les vins avec des notes boisées trop marquées font fuir les particuliers. » C’est ce qu’affirme Pauline Madillac, chargée de mission oenotourisme au château la Perrière, à Lussac Saint-Emilion. Si la propriété sait trouver la juste dose de bois, ce n’est probablement pas étranger à la profession de son propriétaire, Jean-Luc Sylvain (président des tonneliers de France). Le château conserve son caractère « familial et typique. » Des valeurs qui ont su attirer l’attention des amateurs.

« Les consommateurs recherchent de plus en plus des vins à boire immédiatement, plutôt sur le fruit. Les vins de garde, eux, sont souvent plus complexes et appellent un élevage sous bois », explique Pauline Madillac. Au château la Perrière, « nous cherchons à extraire les arômes, et à les sublimer par une sélection et une proportion de bois judicieuses. » Et c’est peut-être ce qui a permis à la propriété de se faire un nom dans une appellation satellite des célèbres vins de Saint-Emilion.

Pour produire ses deux vins, la propriété applique « les méthodes d’un grand cru classé dans une appellation qui n’en a pas nécessairement l’habitude. » La rose Perrière, le premier vin, est « plus concentré. Il est conseillé de le laisser vieillir au moins cinq ans. » En revanche, le second vin, la Perrière, « est plus souple, le 2010 peut être consommé dès à présent » selon Pauline Madillac.

Avec sa formation de tonnelier, Jean-Luc Sylvain connaît la fabrication du vin de A à Z, « il sait ce qu’il faut faire ou ne pas faire » affirme la chargée de mission. La propriété joue sur le levier de l’oenotourisme pour mettre en avant son savoir-faire. « Nous faisons visiter le vignoble et la tonnellerie, pour faire découvrir l’activité de tonnelier complémentaire à la fabrication du vin » confie Pauline Madillac. La stratégie du château la Perrière semble aujourd’hui payante.

Laura Bernaulte