En amont des épreuves qualificatives à la finale de la 5e édition du Concours du Meilleur Caviste de France, qui se déroulent ce lundi matin au château Belgrave (Haut-Médoc), les 42 concurrents étaient réunis hier soir au Golf du Médoc, en présence des titrés des quatre vainqueurs précédentes éditions, des membres du comité de pilotage et des partenaires du Concours, pour une soirée sous le signe de la convivialité. Prise d’ambiance.

« Les cavistes ont le vent en poupe actuellement, se réjouissait hier soir Patrick Jourdain, président du Syndicat des Cavistes Professionnels, créateur de la compétition organisée par Terre de Vins depuis 2020. Quand la vente sur internet est arrivée, certains ont prédit la mort des cavistes. Pourtant, à cette époque, nous étions 1200, et aujourd’hui nous sommes 6000 ! » Non seulement la profession de caviste enthousiasme, mais elle ne cesse de se professionnaliser. Le Concours du meilleur caviste de France, qui voit s’affronter tous les deux ans l’élite des cavistes hexagonaux, en est une excellente illustration. En ce millésime 2022, près de 20% de candidatures en plus ont été enregistrées aux épreuves de pré-sélections digitales par rapport à l’édition 2020, l’imposant au fil des ans comme un rendez-vous incontournable. Malgré un questionnaire de pré-sélection digitale à la difficulté accrue, le 9 mai dernier, du fait du niveau particulièrement élevé des participants cette année, ce ne sont pas 40 cavistes mais exceptionnellement 42 qui s’affrontent aujourd’hui lors des qualifications. Challenge d’envergure, le concours est aussi un excellent miroir des tendances d’une profession qui se modernise, se rajeunissant et se féminisant de plus en plus. Pour preuve, 20% des candidats à cette édition 2022 étaient des femmes, et 23% des candidats avaient moins de 30 ans.

Persévérer pour triompher

Parmi l’assemblée des présents à cette soirée inaugurale, nombreux sont les cavistes qui ont déjà participé aux qualifications à plusieurs reprises. Une persévérance qui s’avère payante, comme en témoigne Matthieu Potin, le vainqueur 2020, qui confie « avoir tenté trois fois les qualifications » avant de l’emporter. Ce qui pousse ces compétiteurs à réitérer ? Le goût du challenge assurément, celui de l’échange et de la convivialité entre confrères certainement, mais aussi les retombées non-négligeables à la suite de la victoire. Car le jeu en vaut la chandelle. « La vie du vainqueur change » insiste Stéphane Alberti, vainqueur 2014. « De grands châteaux nous ouvrent leurs portes, et des entrées à des évènements et des dégustations se présentent à nous… J’ai eu accès à des choses que je n’aurais jamais imaginées possibles avant. » De son côté, Alexis Zaouk, meilleur jeune caviste de France 2020, à nouveau en lice pour le titre cette année, confirme avoir « gagné en visibilité, en affluence, et logiquement en chiffre d’affaires. Combiné à la crise du Coronavirus, ça m’a fait grandir, explique-t-il. Mais ce n’est pas un aboutissement, puisque je suis à nouveau là pour tenter de gagner le titre ! » 

Soutenir la profession

« Sans nos partenaires, ce concours n’existerait pas », rappelle Rodolphe Wartel, le directeur de Terre de vins. Hier soir, ils étaient au rendez-vous en nombre, fiers de présenter leurs produits en dégustation en free-tasting mais aussi au cours du dîner, et de soutenir les cavistes à la veille des épreuves. Lors de cette soirée, en guise d’échauffement des papilles pour le jour J, les cavistes ont notamment pu apprécier Essence de Dourthe 2010 (Bordeaux) sur l’entrée, La Magdeleine 2019 de chez Calmel & Joseph (IGP Val de Dagne), le Château de Bord 2020, Maison Brotte (AOC Côtes du Rhône Villages), sur le plat, et une sélection de quatre cognacs (Louis Memory, DEAU Cognac, Distillerie des Moisans – EXTRA François Voyer – Grande Champagne Vieille Réserve , Cognac Paul Giraud – Cordon Bleu, Extra Old Maison Martell), et enfin sur le dessert le Champagne Canard Duchêne P181, créé en 2009 en l’honneur d’une parcelle cultivée en bio.

Photos ©Adrien Viller