Photo Archives Sud-Ouest
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Étape par étape, le monde du cognac s’organise face au fléau du coronavirus. Cécile François, directrice de la communication de la maison Hennessy, explique comment son entreprise s’est mise à l’heure de la crise, de la Chine à la Charente en passant par les États-Unis.

A quand remontent les premiers bouleversements ?
Nous sommes en cellule de veille de crise depuis la fin du mois de janvier lorsque l’épidémie a éclaté en Chine. Au sein de la maison, plus largement au sein du groupe, nous avons des personnes qui s’occupent de ce genre de problèmes. Dans un premier temps, les premières mesures concernaient nos liens avec la Chine dans l’idée de suivre nos équipes et de prendre les mesures nécessaires en ajustant les envois et les dispositifs marketing. Les mesures sanitaires étaient prises sur place.

Jusqu’à ce que l’épidémie atteigne l’Europe…
Oui, avant cela, le rôle de la cellule était essentiellement économique et il est devenu sanitaire chez nous depuis déjà à peu près trois semaines avec notamment la diminution des tailles de réunion et la mise en place du home office dès que c’est possible. L’application des gestes barrières s’est décuplée en faisant beaucoup de prosélytisme, au-delà même de la maison Hennessy ou du groupe LVMH. On a supprimé progressivement les déplacements internationaux puis les mouvements au sein de la France pour être désormais complètement arrêtés. On a pris beaucoup de mesures avant même que le gouvernement ne le demande, on a anticipé.

Comment ces mesures ont pris forme à Cognac ?
On a très vite fermé les structures ouvertes au public, du Château de Bagnolet aux circuits de visite en passant par les restaurants d’entreprise. On s’est préparés le plus possible car on se doutait que tout ça allait s’accélérer. Au-delà du cognac, les entreprises cosmétiques ont pu s’adapter en produisant des gels hydro-alcooliques, ce n’est pas le cas de nos structures en Charente. Ici, notre contribution à la crise reste interne en favorisant le télétravail, les parents d’enfants peuvent rester à domicile, seuls sont conservés les postes à la production avec des aménagements par équipe (heures réduites, couloirs sanitaires…) Aujourd’hui, il n’y a pas de chômage technique, nous sommes sur la continuité d’activité autant que possible avec une diminution que l’on peut évaluer à 30% par le fait des aménagements.

La Chine semble revenir progressivement à une vie normale, le sentez-vous économiquement ?
Oui, on sent que ça va beaucoup mieux, le moral est revenu, les gens reprennent les activités. Le directeur marketing m’a informé qu’il y avait à nouveau la queue devant les restaurants. Il y a un vrai frémissement, c’est positif, ça donne une lueur d’espoir à nous qui rentrons dans le tunnel ou les États-Unis – où c’est très brutal. Cela montre qu’il y a un début et une fin, c’est très encourageant, on voit que les gens ont envie de vivre ! Et heureusement, nos marchés sont assez équilibrés entre l’Asie, l’Europe et les États-Unis.

EDIT – Mercredi 18 mars
Depuis l’interview, la maison Hennessy a accentué la mise au ralenti de l’activité par la fermeture de quelques sites. De son côté, la maison Rémy Martin annonce la fermeture de trois sites avec une mise en sécurité qui s’achève ce matin. “L’objectif premier du Groupe Rémy Cointreau et de la Maison Rémy Martin est la santé de ses collaborateurs. Philippe Farnier, en accord avec Eric Vallat et la famille Hériard Dubreuil, a pris la décision ce jour de fermer les sites de l’UCM (Unité de conditionnement) à Merpins, du CEP (Centre d’élaboration des produits) à Merpins et de Cognac. La fermeture des sites est actée ce soir et prendra effet après mise en sécurité, pour une durée de 15 jours, renouvelables”, précise le communiqué.