(photo F. Hermine)
(photo F. Hermine)

Depuis cet été, les ventes aux caveaux dans des régions comme la Provence tirent leur épingle du jeu, même si elles ne compensent pas toujours les pertes en secteur traditionnel.

Pas de gros impacts attendus en caves pour ce deuxième confinement ni de branlebas de combat. « Les vignerons sont mieux préparés, savent comment faire et la majorité restent ouverts, explique Brice Eymard, directeur de l’Interprofession des Vins de Provence. Les mesures sanitaires en caves suffisent, il y a moins de drive comme au premier confinement. Il faut reconnaître que la période est moins déterminante en termes de consommation et donc avec mois d’impact sur la vente de rosés. Les sorties de chai en début d’été étaient en revanche déterminantes ». La plupart des caveaux proposent des ventes à emporter, beaucoup offrent la livraison gratuite sur le département ou dans un rayon de 30 km autour de la cave, seuls quelques-uns ayant prévu des animations avant Noël ont du annuler leur événement. La Route de Provence a réactivé cette semaine une page d’accueil www.routedesvinsdeprovence.com qui recense toutes les infos par caveaux : ouvert ou non, drive, site de vente, livraison chez les particuliers… plus un renvoi vers les pages Facebook des domaines. Un dispositif initié pendant le premier confinement et qui avait fait ses preuves. « Nous avons envoyé un mail à tous les participants de la Route des Vins de Provence et dès le premier jour, nous avons reçu plus de 80 réponses, mises en ligne dans les jours qui ont suivi avec une actualisation quotidienne au fur et à mesure des réponses [près de 160 à ce jour], explique Samuel Garnier, conseiller œnotourisme et animateur de la Route. Chaque nom de domaine est cliquable et renvoie à leur page Facebook quand ils en ont une et nous les incitons à la mettre à jour, en particulier pour les horaires et les modalités d’ouverture. C’est souvent plus facile que sur leur site pour lequel ils n’ont pas toujours la main et où l’actualisation passe par un prestataire ».

Coordination des aides

La Région, dans le cadre de son plan de relance de l’agriculture, multiplie l’aide au développement des circuits courts et étudie une plateforme de ventes en ligne ; à l’interprofession de relayer la diffusion des informations. « Côté viticulture, nous avons déjà pas mal d’avance, notamment en matière d’œnotourisme, estime Brice Eymard. Il y a davantage à faire en matière de vente en ligne et de référencements locaux dans la grande distribution de proximité mais nous ne prenons pas les opérateurs par la main, nous transmettons surtout les infos », en coordination avec les Fédérations des Vignerons Indépendants et des Coopératives qui se chargent d’expliquer le comment, les aides et d’accompagner pour le mode d’emploi. « Les plus gros domaines ont déjà un site et un personnel dédié ; ce sont surtout les plus petits producteurs qui en ont besoin, en particulier ceux qui vendaient la majorité de leurs bouteilles sur les foires et salons et en restauration, et qui ont besoin de diversifier leur distribution, analyse Samuel Garnier. Mais ils ont aussi moins de bouteilles à vendre ».

A fond le digital

Au début de l’été, l’interprofession provençale a réaffecté en urgence un peu plus de 20% de son budget communication, soit 1 M€, à des actions locales et œnotouristiques comme la campagne « On a tous besoin du Sud » en collaboration avec le comité régional du tourisme. Une présence renforcée sur les sites art de vivre et oenotourisme, assortie d’une nouvelle application smartphone à partir de la route des vins de Provence pour générer du trafic entre les lieux de vente et les établissements de restauration. Un renforcement du digital est prévue jusqu’à la fin de l’année en mettant l’accent sur les rosés d’hiver, les accords mets-vins, la production trois couleurs. Depuis le début de l’année, les résultats de cette nouvelle stratégie sont impressionnants : 13 000 followers supplémentaires sur Facebook (au total 48000) et 13 millions de vues contre 3 en 2019 ; sur Instagram , le nombre d’abonnés a doublé depuis janvier (plus de 10 000). « Cela permet de rajeunir l’image et de gagner une nouvelle clientèle ».

Le plein au caveau

En Provence, la bonne fréquentation estivale a clairement eu un impact positif sur les ventes au caveau (15% des débouchés des AOC) qui se sont révélées comme l’un des moteurs de la reprise. « On ne s’attendait pas à un tel pic cet été, sans doute grâce à la force du leadership et de la marque Provence, estime Brice Eymard, le directeur des Vins de Provence. Les ventes aux caveaux avaient réussi à vivoter pendant le confinement pour ceux qui avaient mis en place des drives et des livraisons gratuites dans la région mais on a été impressionné par les résultats estivaux ».
La Maison des Vins à Arcs-sur-Argens (83) a enregistré sur cette période estivale +10% de fréquentation et +30% de chiffre d’affaires avec des paniers moyens plus élevés que d’habitude. Septembre et octobre ont également affiché de bons résultats avec des ventes diversifiées en matière de couleurs – À noter que la Maison vend sur l’année autant de rouges que de rosés.