Cette rencontre, organisée à Paris par Terre de vins, est l’occasion de réunir sommeliers et vignerons venus de toute la France pour mieux se connaître et renouveler les cartes de vin des restaurants.

L’édition 2022 a commencé par une dégustation de différentes propriétés du Médoc, toutes productrices de grands vins de Bordeaux. Rodolphe Wartel, Directeur général de Terre de vins, a adressé ses remerciements à l’assemblée « en particulier dans ce contexte de relance de votre activité avec les difficultés que cela peut représenter » a-t-il précisé avant de rappeler que « notre objectif est de mettre davantage en avant vos établissements de prestige ». Une rencontre qui s’est déroulée en partenariat avec Somm’it, une solution digitale présentée par Philippe Boimond. Celle-ci est dotée de 100 000 références à destination des sommeliers et cavistes afin de faciliter la gestion de leur carte des vins, de leur inventaire et, grâce à la connexion caisse, permet une sécurisation des ventes.

Saveurs sucrées salées pour une entrée tout en douceur

Le dîner, orchestré avec brio par le chef David Bizet, récemment couronné d’une deuxième étoile au Guide Michelin, proposait des arômes où le côté fumé et épicé s’accordait à merveille aux couleurs du Médoc. Attablée dans un décor somptueux, l’assemblée constituée de professionnels confirmés, a pu apprécier en entrée une assiette de poulpe grillé laqué accompagné de trévise tardive, condiment ail noir et anguille au soja, un mets servi avec la cuvée Château Mauvesin Barton 2016 (Moulis-en-Médoc). Un travail que Mélanie Barton Sartorius est heureuse de présenter comme « le reflet de l’héritage de son grand-père ».

Des notes torréfiées et grillées dominantes pour le plat

Une daurade royale à la feuille de tabac, courgette fleur au café, aubergine grillée et concentré torréfié constituait la pièce maîtresse de ce repas et fut agrémentée du Château Fourcas Hosten 2016 (Listrac-Médoc). Présenté par Sophie Solnicki-Thierry, ce vin est représentatif de l’avancée de ce terroir « Bordeaux bouge et se tourne résolument vers une démarche environnementale » souligne-t-elle. Un deuxième accord était proposé, le Château Angludet 2014 (Margaux), décrit par Daisy Sichel comme « un vin tout en finesse où l’on retrouve 11 % de petit verdot, un cépage qui s’assemble particulièrement bien avec le merlot et le cabernet sauvignon ».

Une palette de sous-bois et d’épices pour le fromage

Le tour de la presqu’île du Médoc a continué avec un zéphyr de saint-nectaire, girolles et poivre vert assorti d’un Château Sociando-Mallet 2011 (Haut-Médoc). François Hugueniot rappelle que « ce millésime, précoce, a eu des tanins un peu austères qui se sont patinés avec le temps ». En second accord était proposé le Château Pibran 2011 (Pauillac), « avec une dominante de merlot qui donne beaucoup de rondeur à ce Pauillac servi qui plus est en double magnum » note Vincent Gournac.

Harmonie gustative : chocolat Bordeaux

Le dessert, un chocolat madong, sorbet fumé et gingembre fut accompagné pour le grand plaisir de l’assemblé du Château Meyney 2014 (Saint-Estèphe), un assemblage de cabernet sauvignon, de merlot et de petit verdot (18 %) qui en fait, selon Marine Lemmens, « une cuvée profonde qui bénéficie d’un terroir exceptionnel ». Un dîner de prestige qui s’est terminé dans le salon de la rotonde pour une dégustation d’Armagnac présentée par Maeva Vidonne comme « une sélection d’anthologie ». Après avoir remercié la communauté des sommeliers pour leur travail de valorisation du terroir et du patrimoine gastronomique, cette dernière a tenu à ouvrir une nouvelle page pour l’Armagnac avec la présentation de cocktails et la découverte de la blanche armagnac, qui bénéficie d’une AOC depuis 2005.

Le Concours du Meilleur Sommelier du Monde en toile de fond

Si Sommeliers Dating est l’occasion de découvrir les nouvelles pépites des domaines représentés, c’est aussi et avant tout un moment de partage autour d’une passion commune : la gastronomie. Un temps pour mesurer les aptitudes de ces professionnels, avant le lancement des prochains concours, comme celui du Meilleur Sommelier du Monde qui aura lieu en février 2023 à Paris. Membre du comité technique de cet événement, Serge Dubs, Meilleur Sommelier du Monde a pris la parole pour rappeler à quel point « ce métier est une passion, où il faut se donner à fond ». Et s’il a discrètement fait part de son désir de voir la candidate française, Pascaline Lepeltier, monter sur le podium, il a surtout évoqué « la fierté d’avoir une jeune femme brillante pour défendre les couleurs de la France ! » Une apologie de la sommellerie fort bien accueillie par le public qui a largement applaudi ce discours, porteur de ces valeurs de transmission propres à la sommellerie.