Avec deux châteaux (Canon La Gaffelière et La Mondotte) promus Premiers Grands Crus Classés B, plus un château (Clos de l’Oratoire) Grand Cru Classé, le comte Stephan von Neipperg est l’un des grands gagnants du nouveau classement de Saint-Emilion. Interview.

Deux vins promus Premiers Grands Crus Classés B, auxquels s’ajoute un Grand Cru Classé. La journée est plutôt belle pour vous !
C’est effectivement une grande satisfaction, et la récompense d’un investissement collectif. Nous avons huit vignobles dans le Bordelais, dont six sur la rive droite et quatre à Saint-Emilion : maintenir ces crus à un haut niveau de qualité est un travail de longue haleine, et sans le dévouement de mes équipes je n’en serais pas là.

Qu’avez-vous ressenti en apprenant cette triple bonne nouvelle, en particulier la promotion de Canon La Gaffelière et La Mondotte ?

Pour Canon, j’avoue que nous attendions cette distinction. Elle ne constitue pas vraiment une surprise compte tenu de la qualité du vin, des investissements consentis, de la régularité dans l’excellence des notes. Il est en revanche beaucoup plus étonnant, et osé, d’avoir promu un cru comme La Mondotte. Il était encore inconnu il y a vingt ans, et même aujourd’hui peu de gens le connaissent. C’est un vin presque confidentiel, produit sur une parcelle de 4 hectares, très atypique, entre 8000 et 13 000 bouteilles par an. Nous sommes très agréablement surpris.

Plus largement, que pensez-vous de ce classement ?
A l’heure où nous parlons il n’est pas encore officiel, mais les premiers échos me font dire que cette classification a fait preuve d’un certain culot, d’une certaine audace ! Elle salue notamment des crus situés sur des terroirs argilo-calcaires, dont on disait autrefois qu’ils produisaient des vins lourds. Mais aujourd’hui grâce aux progrès accomplis dans la maturité des raisins et dans la vinification, on constate que l’on peut y produire de grands vins, notamment vers Saint-Etienne de Lisse. Je pense à Faugères et Péby-Faugères de mon ami Silvio Denz, et à d’autres encore. Ce classement 2012 est, à ce titre, une belle réussite.

Propos recueillis pas Mathieu Doumenge
Photo Marion Lefebvre