Les orages ont frappé dans le Mâconnais et en Côte de Nuits, autour de Gevrey-Chambertin. Les vignerons craignent des dégâts jusqu’à dimanche soir.

Alors qu’un millésime 2022 idéal se profilait, la Bourgogne a connu son premier accroc mardi 21 et mercredi 22 juin. Des orages de grêle ont frappé de nombreuses parcelles, du Mâconnais à Gevrey-Chambertin, provoquant des dégâts localisés.

Les AOC Mâcon, Mâcon-villages, Saint-Véran, Pouilly-Fuissé et Viré-Clessé concernées

Dans le Mâconnais, les grêlons ont particulièrement frappé le nord-ouest.  «La zone de Chapaize et de Bray est dévastée, avec des dégâts allant de 80 à 100 % », déplore Jérôme Chevalier, président de l’Union des producteurs de vins Mâcon (UPVM). « C’est un secteur avec peu de vigne, mais ceux qui y sont n’ont plus rien».

Dans le reste du Mâconnais, les dégâts seraient plus irréguliers. « Mardi, la grêle est tombée dans un couloir sud-nord, de Chasselas aux Viré-Clessé, en passant par Davayé, Prissé, ou encore la Roche Vineuse. Puis dans le secteur de Lugny, Blanot, et Chardonnay mercredi », détaille Jérôme Chevalier. Les dégâts sont pour l’instant très difficiles à estimer, « de 0 à 30 % en fonction des parcelles, même s’il faut rester prudents sur les chiffres », tempère le viticulteur, qui rappelle que « l’alerte n’est pas encore levée ».

Dans le secteur des Pouilly-Fuissé, la présidente de l’appellation Aurélie Cheveau annonce des dégâts « limités, et très localisés ».  Des parcelles seraient touchées à 20, voire 30 %, « essentiellement dans le village de Vergisson. » La viticultrice rappelle que le secteur « n’est pas dans la configuration de l’année dernière, ou la grêle venait amputer des vignes déjà dévastées par le gel. »

Déluge à Gevrey

À 120km plus au nord, les pinots noirs de la Côte de Nuits sont aussi concernés. Dans le secteur de Fixin et de Couchey, « des vignes ont été grêlées de 5 à 40 % d’après les premières estimations, sur une moitié du secteur », regrette Alexandre Molin, président de l’appellation Fixin.

À deux pas de là, Gevrey-Chambertin a subi «deux épisodes de grêle, qui ont provoqué aux alentours de 15 % de dégâts, essentiellement dans les premiers crus au nord du village, des Lavaux aux Champeaux », indique Caroline Drouhin, présidente du syndicat viticole de Gevrey, qui tient à préciser, «qu’il est trop tôt pour effectuer un bilan, car on est au cœur de la tourmente : l’alerte grêle court jusqu’au dimanche 26 chez nous ».

Au-delà de la grêle, ce sont surtout les quantités de pluies qui ont marqué les esprits à Gevrey-Chambertin. L’orage de mercredi « a apporté 150 à 200mm de précipitations», estime Caroline Drouhin. Des quantités hors-normes, qui ont provoqué « des ravinements et l’effondrement de murets dans les vignes ». Dans le village aux neuf grands crus, la situation est délicate pour les particuliers comme pour les vignerons, « qui doivent maintenant protéger le vignoble des maladies sans pouvoir y rentrer en tracteur ».

Nuits Saint-Georges a aussi payé son tribut aux orages, comme en témoigne le vigneron Thibault Liger-Belair : « C’était très soudain. Je n’ai jamais vu autant d’eau en une seule fois ici. La cour du domaine ressemblait à une mare. La grêle a surtout frappé au sud de Nuits, et jusqu’à Premeaux-Prissey. On a eu jusqu’à 25-30 % de raisins touchés dans les Saint-Georges, un peu plus en plaine. Apparemment les grosses quantités d’eau ont fait office de « matelas » et ont limité la casse. On a fait une application de valériane dans les parcelles touchées ce matin, pour favoriser la cicatrisation. »  

Les vignes de Chablis, de la Côte de Beaune et de la Côte chalonnaise seraient pour l’instant épargnées.