(Photo M. Boudot)
(Photo M. Boudot)

Paolo Basso, Meilleur Sommelier du Monde 2013, était présent ce week-end à Lyon Tasting pour animer trois Master Classes respectivement dédiées à Cornas, Hermitage et à la Bourgogne. Entretien avec un maître du vin.

Vous découvrez Lyon Tasting à l’occasion de cette deuxième édition. Quelles sont vos impressions sur cet événement ?

Je constate un très bel engouement. Bien que l’on soit un dimanche 11 novembre, je vois un jeune public, très intéressé et curieux. C’est très enthousiasmant pour le monde du vin en général, cela trace de bonnes perspectives.

Vous avez animé aujourd’hui deux Master Classes dédiées à deux appellations du Rhône septentrional, Cornas et Hermitage. Quelle relation entretenez-vous avec ces grands vins ?
Je suis ravi d’avoir pu animer ces deux Master Classes, qui confirment tout le bien que je pense de ces deux appellations. J’aime beaucoup la syrah, et avec ces deux expressions on a la syrah du Rhône nord dans toute sa beauté. Nous avons pu déguster des cuvées remarquables et je pense que le public a été enchanté par ce qu’il a pu découvrir. Les participants étaient curieux et pertinents.

Votre troisième Master Class était dédiée à la Bourgogne, une région qui vous est chère.
Bien sûr. La Bourgogne, c’est un peu “la Master Class des sommeliers” et de tous les amateurs de vin. Cette région impose qu’on y plonge en profondeur. Il y a la région, l’appellation, la commune, la parcelle, on va très loin dans le détail, tout cela avec deux cépages, le pinot noir et le chardonnay. Pour bien la comprendre, l’amateur doit aller en Bourgogne, la découvrir physiquement, la parcourir à pied ou à vélo pour en saisir les terroirs. C’est absolument passionnant et c’est aussi comme cela que l’on peut comprendre à la fois la rareté des vins de Bourgogne, mais aussi leurs prix qui, pour les plus prestigieuses cuvées, sont parfois très élevés.

L’autre vignoble “star” de Lyon Tasting est celui du Beaujolais, qui souffre encore parfois de certains préjugés. Quel regard portez-vous sur ce vignoble ?
Le Beaujolais est lui aussi un vignoble complexe, il faut savoir en appréhender les différents crus et aussi son cépage, le gamay, qui n’est pas compris par tout le monde et qui pourtant a beaucoup de qualités, une couleur, un nez, une persistance, une empreinte qui peuvent être vraiment enchanteurs. C’est à nous les sommeliers de savoir valoriser ces vins du Beaujolais en les proposant sur des plats qui se marient au mieux avec eux. Les possibilités d’accords sont nombreuses.

Lorsqu’on est Meilleur Sommelier du Monde, fait-on encore des découvertes sur un événement comme Lyon Tasting ?
On peut éventuellement faire des découvertes, mais c’est surtout un formidable moyen de prendre des informations, voir les producteurs, échanger avec eux, et aussi leur donner les impressions que nous avons car nous sommes au contact des consommateurs. Enfin, tout événement de dégustation est une opportunité de s’entraîner, de se perfectionner, d’apprendre encore sur le vin.

Un dernier mot sur la ville de Lyon, qui accueille notre événement ?
C’est une très belle ville, la capitale de la gastronomie, qui vibre au rythme de la bonne cuisine et des bons vins. J’ai une anecdote : il y a quelques années, j’étais ici dans un taxi et il ne cessait de vanter les louanges de Paul Bocuse, de tout ce qu’il avait fait pour l’image de Lyon et pour l’économie locale. Une telle vitalité, et cette façon dont toute la ville s’approprie une figure comme celle de Paul Bocuse, qui nous a malheureusement quittés, on ne la retrouve pas ailleurs. La gastronomie et le vin sont ici chez eux, et Lyon contribue à faire rayonner la gastronomie française dans le monde entier.