(photo Emmanuel Perrin)
(photo Emmanuel Perrin)

Au siècle dernier, on partait déjà en famille en Provence bien sûr… mais c’était en empruntant la route des vacances, la célèbre nationale 7, pour se précipiter sur les plages de la Côte d’Azur et ne plus guère en bouger pendant un mois. Aujourd’hui, les choses ont changé, pour satisfaire la curiosité grandissante des amateurs de vin. Voici six belles étapes provençales sous le signe de la vigne, issues du hors-série Sud de Terre de vins (à retrouver sur notre kiosque en ligne).

Épisode 3/6 : Domaine des Féraud

Vidauban, entre Hambourg et Ramatuelle
Il fallait bien la persévérance germanique teintée d’obstination de Markus Conrad pour réveiller le grand domaine des Féraud, niché au cœur du Var, près de Vidauban. Ce brillant dirigeant, érudit et musicien, réussit tout ce qu’il touche, de la trompette au café en passant par les glaces et l’édition.
À 50 ans, il rêve de s’établir en Provence. Il a déjà un pied à terre à Ramatuelle depuis 1991, ne veut plus venir seulement en vacances dans la région et adore le vin. Il n’en faut guère plus pour changer de vie. Après avoir visité une quarantaine de propriétés entre Nice et Montpellier, il jette son dévolu sur ce domaine quasiment à l’abandon mais avec un large champ des possibles. Il « suffit » juste de récupérer les parcelles de la centaine d’actionnaires du GFA propriétaire. Après trois ans de bataille, et avec l’aide de la Safer, il se lance dans la reconversion des 50 hectares « avec une dynamique bio plutôt que biodynamique », ironise-t-il. Il met sept ans à construire une nouvelle cave gravitaire à l’équipement optimal et surdimensionnée pour y rentrer une grande diversité de cuves (inox, béton brut et époxy, œufs béton, barriques, tronconiques, et même des fûts stockingers pour les plus vieilles vignes de syrah et cabernet-sauvignon réservées à la cuvée Indigène (19,90 €)… Un vrai musée pour multiplier les essais de vinifications. Il a bien sûr un faible pour les trois cuvées en IGP Pays-des-Maures qui portent le nom de ses filles : Carlotta en blanc, Roberta en rosé et Émilia en rouge (8,90 €). « J’adore le blanc – on en produit 15 % sur la propriété où l’on a replanté plusieurs hectares de rolle –, et je pense que sur ces terres sableuses de la plaine des Maures, ils ont un beau potentiel. »
Mais l’idée de Markus et de sa directrice, Marie-Astrid Thomassin, est surtout de développer l’œnotourisme. Un grand caveau a été inauguré l’an dernier. Il accueille dégustations, expositions et diverses manifestations comme un week-end cuisine et livres en septembre, des apéritifs-concerts, des cours de cuisine… « Nous voulons proposer un maximum d’activités différentes, autant pour intéresser les touristes que les Vidaubannais » commente Markus Conrad. Un sentier vigneron devrait bientôt sillonner le vignoble et un potager en permaculture, avec ruches et poulailler, permettra une activité de paniers à cueillir et la mise en œuvre de visites pédagogiques pour les écoles. « Les héros ici, ce sont les vins et la nature, à partager avec passion car rien de mieux que de boire un verre dans un joli cadre », conclut le néo-vigneron germano-provençal.
83550 Vidauban
04 94 73 03 12 – Site internet

Épisode 1 : Château Saint Roux
Épisode 2 : Château Mentone