Ci-dessus : les vignes de Château La Conseillante (photo Y. Castaing)
Ci-dessus : les vignes de Château La Conseillante (photo Y. Castaing)

Pour comprendre le millésime naissant, il convient d’être sur le terrain. Et dans ce singulier 2018, un tour dans les vignes est une leçon riche d’enseignements pour qui souhaite comprendre les interactions à l’œuvre dans le vignoble, d’autant que les vins pourraient nous réserver bien des surprises.

Direction donc la rive droite. Premier arrêt à Château Figeac (1er Grand Cru Classé de Saint-Emilion) où Romain Jean-Pierre, directeur technique, nous explique toute sa satisfaction face à un millésime que l’on croyait délicat. Un tour dans les vignes en sa compagnie est un véritable apprentissage sur ce terroir majoritairement graveleux à l’encépagement peu commun puisque le cabernet-sauvignon s’y épanouit comme nulle part ailleurs en rive droite. À la dégustation, les plus vieux merlots, ceux qui sont encore sur pieds, sont juteux, aromatiques et joliment sucrés. Des petites baies pas trop compactes assurent un état sanitaire parfait. Le cabernet franc s’exprime par la qualité de ses tanins, avec des peaux plus épaisses. Moins aromatique que le merlot, on ressent bien la puissance qui s’en dégage tout en imaginant volontiers sa place dans le futur vin, la colonne vertébrale. Puis le cabernet-sauvignon, étonnamment aromatique, plein de fraicheur avec des baies ressemblant à du caviar.

La Conseillante lorgne sur le cabernet-sauvignon

Deuxième arrêt, Château La Conseillante, proche de Château Figeac, mais sur l’appellation Pomerol. Ici, c’est Marielle Cazaux qui officie. Et son optimisme est communicatif. « Les merlots sont des bombes aromatiques », explique-t-elle en présentant un verre de jus en fermentation d’une des plus belles parcelles du domaine. Et c’est vrai, la sensation de croquer un bonbon à la violette est magnifique. Le raisin, ramassé puis mis une nuit entière dans une chambre froide (une technique de plus en plus répandue en bordelais qui garde la fraicheur aromatique) est ensuite trié et encuvé. « Nous récoltons en fonction des terroirs », explique Marielle « et non en fonction des parcelles ». Une précision d’autant plus importante que le climat de cette arrière-saison permet une récolte « à la carte ».

Et Marielle de nous faire une confidence concernant les terroirs. « Vous voyez cette parcelle (située à l’entrée gauche du château), eh bien dans 4 ou 5 ans, le temps que le sol se repose, nous allons planter du cabernet-sauvignon. C’est une magnifique parcelle avec des graves qui conviennent parfaitement à ce cépage ». Verdict ? Pour les dégustations primeurs au printemps prochain ; un peuplus tard en ce qui concerne le cabernet-sauvignon à venir de Château La Conseillante.