Depuis quelques semaines, le château de La Dauphine accueille dans ses vignes de Fronsac près de 200 brebis venues des Pyrénées. Gardées par un berger jusqu’au printemps prochain, elles contribuent aux ambitions environnementales, déjà très avancées, de la propriété.

C’est un spectacle « son et image » qui a de quoi ravir le cœur des visiteurs – professionnels ou amateurs – et qui, à part quelques riverains chagrins, fait l’unanimité. D’abord annoncées par le bruit de leurs cloches qui nous transportent directement dans quelque paysage pyrénéen, les 200 brebis qui s’ébrouent gaiement entre les vignes du château de La Dauphine constituent un spectacle des plus réjouissants. Mais ces pensionnaires à poil laineux ne sont pas là pour le spectacle : c’est suivant un modèle écologique « gagnant-gagnant » qu’elles sont arrivées il y a quelques semaines de leur Vallée d’Aspe, après les vendanges, pour une durée de six mois dans le Fronsadais.

L’idée est la suivante : pour les bergers, qui ont besoin de pâturage durant l’automne et l’hiver afin de subvenir aux besoins des animaux, il s’agit d’offrir aux brebis un espace vert supplémentaire, qui leur permet de continuer à manger – au sein de vignes cultivées en bio – et se dépenser en toute liberté, dans un environnement différent. Pour La Dauphine, c’est la garantie d’une tonte naturelle et homogène dans tout le vignoble (66 hectares au total), en plus d’un amendement naturel sur toutes les parcelles de vignes, ce qui permet de ne pas acheter de compost, de limiter l’utilisation de véhicules et ainsi de réduire l’empreinte carbone. Chacun y trouve son compte, donc, comme le précisent le berger Jean-Marie Boyer (qui garde les brebis de cinq éleveurs différents) et la directrice de la propriété Stéphanie Barousse. Cette initiative, qui a vocation à être reproduite chaque année et même à s’étendre à l’ensemble de l’appellation Fronsac, s’inscrit dans la démarche environnementale globale de La Dauphine, qui en plus d’une certification bio s’est orienté vers des pratiques en biodynamie et a récemment été désignée parmi les 13 entreprises pionnières du label Bordeaux Cultivons Demain.

En réinjectant ainsi de la biodiversité et replaçant l’animal au sein de l’exploitation, le château de La Dauphine participe, lui aussi, d’un mouvement de fond dans le Bordelais qui repense le modèle de monoculture qui a dominé depuis plus d’un demi-siècle dans le monde viticole. En bonus, on pourra y goûter prochainement un fromage de brebis « circuit court », ce qui ne gâche rien.