Il est de toutes les fêtes et festivals du Sud-Ouest, surtout au cœur du Gers. Et pour cause, il coule dans les verres entre Adour et Baïse, entre Bordeaux et Toulouse, fleurant bon les arômes de pamplemousse, de mangue, d’ananas et de passion, si caractéristiques du colombard gascon et des petit et gros mansengs venus du Béarn.

Le côtes-de-Gascogne blanc est festif, surtout l’été entre Vic-Fezensac, Marciac et Condom, entre rythmes de salsa, de jazz et de bandas. “A Marciac, on boit plutôt du gascogne moelleux et du Caprice de Colombelle, plus haut de gamme, détaille Bernard Bonnet, président du syndicat. Sur Tempo Latino, à Vic, les visiteurs plus jeunes, préfèrent des vins légers et frais comme la Colombelle”.

Le côtes-de-Gascogne s’est imposé en terre d’Armagnac où jadis l’ugni blanc était roi, prêt pour la distillation. Les cépages locaux se sont peu à peu acoquinés avec des cépages internationaux comme le sauvignon et le chardonnay. Mais c’est le colombard, si aromatique, qui reste le socle de l’appellation.

L’IGP est à 85% en blanc (dont 80% secs) et produit 90 millions de bouteilles par an, exportés pour plus des deux tiers. C’est d’ailleurs le vin blanc français en IGP le plus exporté dans le monde. D’abord il y a 30 ans en Angleterre et aux Etats-Unis où le Tariquet et la Colombelle, en assemblages colombard-ugni blanc, faisaient un tabac avant de conquérir l’Allemagne, la Belgique, l’Europe du Nord…, en apéritif surtout mais s’imposant également sur des fruits de mer, des crustacés, des viandes blanches et même sur la cuisine asiatique. “C’était une prouesse à l’époque où l’on disait encore que le blanc donnait mal a la tête” rappelle Maïté Grassa du Domaine de Tariquet.

Ont suivi sur les traces du succès le vin de Brumont, notamment au Québec, les Fumées Blanches de Lurton, l’Uby et le Pellehaut, la marque JP Chenet… L’IGP s’est dotée récemment d’un nouveau logo, plus chaleureux et classieux, un peu moins tapas et bandas ; elle s’est offert aussi un nouveau slogan, “Fraîchement Sud-Ouest” qui fait suite à “L’accent fruité du Sud-Ouest”. Et après avoir revendiqué pendant longtemps, une terre de blancs, elle commence à s’intéresser à ses rouges et ses rosés.

Frédérique Hermine

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