La société de négoce libournais Jean-Pierre Moueix à envoyé une lettre à ses fournisseurs leur annonçant une hausse des prix des vins en vrac pour les accompagner dans ce douloureux épisode gélif.

Il est des initiatives qui redonnent espoir et qui laissent penser que le monde du vin, parfois chaotique, souvent mercantile, reste dans l’épreuve une grande famille.
Ainsi, d’une lettre envoyée par le négociant libournais, Établissements Jean-Pierre Moueix, à ses fournisseurs leur annonçant une hausse de 100 euros par tonneaux déjà achetés auprès de ses fournisseurs pour pallier aux gels de ces derniers jours.

« En tant que négociants en vins, nous avons eu le privilège d’acheter en vrac tout ou partie de votre bonne récolte 2016, aux prix du début de cette campagne. La seule conséquence positive de ce gel sinistre sera un raffermissement des cours, dont vous ne pourrez pas même bénéficier. En conséquence, il nous semble juste de rectifier les bordereaux vrac des vins de la récolte 2016 » est-il stipulé dans la lettre datée du 2 mai 2017.

Une initiative solidaire qui trouve sa genèse dans l’attachement particulier de Christian Moueix à la terre. « Je suis viticulteur de l’âme, car agronome de formation, et quand je vois l’ampleur du désastre dans le Libournais et que de très bons viticulteurs ont tout perdu, c’est un désastre pour moi, j’ai envie de pleurer », affirme-t-il à Terre de Vins.

« J’ai connu d’autres gelées, comme 1991, mais certains viticulteurs ne se relèveront pas de cette catastrophe. C’est à pleurer, d’autant que c’est injuste car les propriétaires les plus favorisés n’ont pas gelés. Seuls les « petits » propriétaires sont touchés sévèrement. Et nous ne voulions pas qu’ils soient doublement pénalisés » ajoute-t-il.

Une initiative personnelle, visant à entretenir des relations privilégiées avec ses fournisseurs, évidemment, mais surtout une prise de conscience que l’ensemble de la filière sera impactée par ce gel désastreux.

Et en pleine campagne primeur, certains, beaucoup moins scrupuleux, tenteront de justifier des hausses de tarifs irraisonnées. Un sentiment que Christian Moueix balaie d’un revers de main. « Les grands châteaux ne sont pas affectés au même niveau. Ce n’est donc pas une justification à la hausse des prix des grands vins ».

Une analyse d’autant plus pertinente que Christian Moueix est propriétaire de grands vins (Trotanoy, Belair Monange, Latour à Pomerol, et bien d’autres) et que sa « campagne a déjà débuté depuis quelque temps ».


(crédit photo Deepix)