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Hennessy s’engage à planter et restaurer 50 000 hectares de forêts

©Pixabay

Auteur

Olivier
Sarazin

Date

29.11.2022

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Le numéro 1 du cognac a détaillé son programme « Forest Destination », les 25 et 26 novembre 2022, lors de l’Université de la Terre, au siège de l’Unesco à Paris

« La planète ne risque rien. C’est nous, les humains, qui allons être secoués ! Mais nous pouvons encore agir collectivement […]. La maison que je représente prend sa part et même un peu plus… »

Ce samedi 26 novembre 2022, Laurent Boillot, le président d’Hennessy, le premier acteur économique du cognac, a assuré être un « pragmatique résolument optimiste ». Il s’exprimait à la tribune de l’Université de la Terre et du Parlement des entrepreneurs d’avenir, au siège de l’Unesco à Paris, dont le négociant figure parmi les partenaires engagés. On y débattait de « la Vie à l’heure des grandes transitions », lors d’une cinquantaine de causeries et tables rondes réunissant plus de 250 personnalités de tous horizons.

©O. Sarazin

“Question de bien commun”

En marge des conférences, Hennessy avait monté une exposition détaillant son programme « Forest Destination » lancé en 2020. L’initiative (rendue publique en mars 2022) consiste à planter ou restaurer 50 000 hectares de forêts en France et dans le monde à l’horizon 2030, en partenariat avec l’entreprise Reforest’Action. « Le défi est colossal […]. Ce chantier dépasse les seuls intérêts particuliers. Il est ici question de bien commun. Il faut enrayer le dépérissement des sols et des forêts, dans le respect de la biodiversité et le soutien aux communautés locales », souligne Laurent Boillot.

Plus de deux millions d’arbres ont d’ores et déjà sur près de 4 800 hectares. Les actions sont notamment menées en Afrique-du-Sud, au Kenya, au Nigéria, à Madagascar, aux États-Unis et en Chine. Un exemple : au Kenya, Hennessy et son partenaire local Trees for Kenya accompagnent la régénération d’une partie de l’espace domanial du Mont Kenya en plantant 250 000 arbres d’une trentaine d’essences (prunier d’Afrique, cèdre rouge, tulipier du Nil) sur 415 hectares.

Dans le “temps long”

L’action du négociant est également locale. Elle Charente, elle intervient près d’Angoulême, en collaboration avec l’Office national des forêts (ONF), où 27 055 chênes vont étoffer la forêt de la Braconne malmenée par la tempête Martin (dite du siècle) en 1999. Le leader mondial du cognac fait aussi le pari de l’agroforesterie dans son vignoble expérimental du domaine de La Bataille, à Saint-Preuil, où 7 km de haies ont été créés.

L’engagement de la maison répond bien évidemment à une logique économique et historique : l’art subtil du vieillissement des eaux-de-vie se fait en fûts. « Le bois de chêne est un élément incontournable de la qualité de nos cognacs », écrit Hennessy, dont la prospérité s’inscrit dans le « temps long ». Première entreprise du secteur des spiritueux à être certifiée ISO 14 001 dès 1998, le négociant dit porter une « attention continue aux enjeux de transmission, de génération en génération ». On parle ici de patrimoine matériel et immatériel, de terroir et de savoir-faire.

“A la limite de la désobéissance”

Cet engagement est-il sincère ? A écouter Laurent Boillot ce week-end à l’Unesco, nul doute ! Il a parlé de son émotion lorsqu’il a pour la première fois pénétré une forêt primaire, « berceau des premiers thés en Chine », du temps où il dirigeait la maison Guerlain. Il s’est aussi prononcé pour une instauration d’une taxe carbone plus contraignante et d’une aide financière plus conséquente du monde industrialisé aux pays du Sud. « Je suis parfois à la limite de la désobéissance », a-t-il souri. Mais ce samedi 26 novembre, à Paris, lors de la conférence « Reforestons la planète », il a surtout applaudi ceux qui s’exprimaient à ses côtés : Sebastiao Salgado, photographe brésilien de renom, cofondateur de l’Instituto Terra ; Francis Hallé, biologiste, qui appelle à la recréation d’une forêt primaire de 70 000 ha en Europe ; et Marina Piatto Garcia, directrice exécutive de l’ONG brésilienne IImaflora, persuadée que « la meilleure façon de conserver les forêts tropicales est de leur donner une destination économique associée à de bonnes pratiques de gestion ».