La propriété joue la carte de la communication pour faire parler d’elle. Son propriétaire russe ne compte pas ses efforts pour faire progresser le domaine et ses vins. De tels investissements attirent l’attention, dans un secteur de l’Entre-deux-mers réputé difficile.

« Nous nous donnons deux ans pour accroître la notoriété du château Maison Noble. Chaque année nous essayons de faire de nouveaux investissements. » C’est ce qu’explique Stéphanie de Pareja, la responsable du développement commercial. Le domaine de 75 ha à Saint-Martin-du-Puy (Entre-deux-mers) a été racheté l’an dernier par Vitali Pobujanschi. Depuis l’arrivée du propriétaire russe, des investissements techniques ont déjà été réalisés au chai. Mais cette année, la propriété privilégie le levier de la communication pour valoriser ses vins.

« Dans l’Entre-deux-Mers, beaucoup de viticulteurs se contentent encore de faire leur vin, mais ne savent pas le vendre. Au château Maison Noble nous plaçons de grands espoirs dans la communication et la publicité » explique Stéphanie de Pareja. La propriété multiplie les apparitions sur les salons professionnels (notamment avec les dégustations organisées en partenariat avec sommeliers international) comme grand public (elle était entre autres présente au salon des vins de la Rochelle et sera au Lille Tasting les 6 et 7 juin organisés par Terre de vins).

La propriété produit quatre cuvées (Bordeaux supérieur, Bordeaux rouge, Bordeaux rosé, Entre-deux-mers). En France, les vins du domaine sont déjà très présents dans la grande distribution. Sans négliger ce marché, la propriété veut désormais s’ouvrir aux caves et restaurants de l’Hexagone. « Nous avons créé une cuvée spéciale, 100% barriques, en Bordeaux supérieur et Entre-deux-mers, à la demande des restaurateurs, notamment gastronomiques. Elle sera disponible début mai » confie Stéphanie de Pareja. Et à l’international, « comme de nombreuses propriétés bordelaises, nous voulons exporter vers les Etats-Unis et la Chine » précise-t-elle.

Le levier de l’oenotourisme

En complément de ces actions, la propriété joue cette année la carte de l’oenotourisme pour valoriser son image. Le 1er juin, elle ouvre au public cinq chambres d’hôtes, une boutique et une salle de dégustation. Ces nouveaux espaces sont aménagés dans une bâtisse attenante au chai, sur la parcelle en appellation Bordeaux rouge. « Les chambres sont toutes différentes, chacune avec son cachet. Pour commencer, nous servirons seulement le petit déjeuner. Mais nous projetons d’ouvrir la pièce centrale de la maison pour en faire une table d’hôtes, sûrement l’an prochain » explique la responsable du développement commercial.

Avec ces investissements, le prix des vins de la propriété a connu une légère hausse. Auparavant compris entre 4 et 6 €, les prix sont désormais compris entre 7, 10 et 8 €. « C’est logique par rapport au travail accompli. Selon les professionnels, ce prix est adapté à la qualité des vins » explique Stéphanie de Pareja. Reste à voir si dans l’Entre-deux-mers, où les rendements sont importants et les prix de vente globalement faibles, cette augmentation ne freinera pas les consommateurs.

Laura Bernaulte

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