Émus par les soucis de santé dont souffre Lionel Rousseaux, sept sommeliers ont décidé d’unir leurs efforts et d’associer leur nom à une démarche solidaire destinée à recueillir des fonds. Épaulés par quelques vignerons, ils proposent à la vente une sélection de six bouteilles.

Parler de lutte contre la maladie n’a rien d’un cliché. Lionel Rousseaux, 40 ans, peut en témoigner. Depuis cinq ans, incapable de travailler, il mène un combat sans merci contre une maladie dont il a eu longtemps du mal à cerner les contours. “Les premiers symptômes je les ai ressentis à 18-19 ans, lorsque je travaillais au restaurant Georges-Blanc. Mais c’est là aussi que j’ai eu le déclic pour le métier de sommelier et cette découverte a été primordiale.” Au point d’inciter ce Lorrain de naissance à reprendre des études spécialisées et à donner toute son énergie dans différents établissements (La pinède à Saint-Tropez, Le pas de l’ours à Crans-Montana, Le château d’Isenbourg ou encore Aux armes de France, en Alsace…)
“Je vivais mon métier à fond, en restaurant comme chez les vignerons ou dans les salons que j’allais arpenter avec mon sac sur le dos. Mais j’avais toujours cette fatigue, ces douleurs et tous les maux qui se sont accumulés jusqu’au jour où j’ai compris que je n’avais plus l’énergie d’exercer mon métier.”

Des soins possibles aux USA

Et les raisons de sa souffrance physique d’abord et morale ensuite sont multiples. “J’avais beau expliquer cela, évoquer tous les symptômes de la fatigue chronique aux problèmes digestifs, des douleurs articulaires au sentiment d’être dans un brouillard mental permanent, le diagnostic a été long à donner un nom à ce mal. Mais depuis quelques années je sais que je présente tous les symptômes de la maladie de Lyme…”
A force de recherches et sur les conseils d’une autre victime de ce mal essentiellement transmis par une piqûre de tique, Lionel Rousseaux a découvert une possibilité de soins proposés aux Etats-Unis. Trois semaines de traitement intense qui ont fait naître l’espoir. “Mais il me faut réunir 20.000 euros pour financer le déplacement et la partie médicale. J’ai donc lancé une cagnotte Leetchi (1). Toutefois j’avais du mal à parler de ma situation. Finalement j’ai franchi le pas et un mouvement s’est organisé pour soutenir ma démarche, en particulier avec les amis sommeliers qui ne m’ont pas oublié.”

Le carton de vins de la solidarité

Une situation qui n’a pas laissé indifférents ses confrères et amis. Dans le sillage des têtes d’affiche que sont les MOF alsaciens Romain Iltis et Jean-Baptiste Klein, ils sont cinq à s’être mobilisés : Caroline Furstoss, Clotilde Mangin, Audrey Meyer, François Lhermitte et Lionel Schneider. Afin de recueillir des fonds, ils proposent à la vente une sélection de six vins d’Alsace (2), leurs coups de cœur du moment.
Le prix de ce carton est de 150 €, frais de port en France compris (3). “L’intégralité des bénéfices ira au financement du voyage et du traitement de Lionel qui, nous l’espérons tous, pourra faire en sorte qu’il puisse à nouveau profiter du plaisir d’apprécier un beau verre de vin, entouré des gens qu’il aime », conclut Romain Iltis. Sans oublier de préciser que « les vignerons, même dans cette période difficile pour eux, ont également marqué leur soutien en mettant leurs vins à disposition à des tarifs préférentiels, ce qui permettra de reverser une part très importante sur la vente de chaque carton.”

(1) https://www.leetchi.com/c/laissez-moi-vivre-comme-tout-le-monde-guerir-est-mon-plus-grand-reve
(2) Le contenu du “carton de Lionel” : Crémant d’Alsace, extra brut, Jean Becker ; Alsace muscat, Albert Mann 2018 ; Alsace sylvaner « Z » Paul Kubler 2016 ; Alsace pinot noir Eguisheim, Emile Beyer 2018 ; Alsace riesling super felsaspranger, drei manner wie, Mader – Kientzler – Fuchs 2020 ; Alsace La vigne en Rose, Vignoble du Rêveur 2018.
(3) Pour commander “Le carton de Lionel” : https://tinyurl.com/7uvv54r9

Photo : Lionel Rousseaux (au centre) est soutenu notamment par les deux MOF alsaciens, Jean-Baptiste Klein et Romain Iltis.