(photos F. Hermine)
(photos F. Hermine)

Les vins de Savoie n’étaient pas monté depuis longtemps “à la capitale” pour présenter leurs vins, à 70% blancs, mais également pour mieux faire connaître leurs mondeuses rouges et leurs crémants. L’occasion également de parler de l’avenir du vignoble alpin.

Les vins de Savoie avaient, pour l’événement, loué une péniche avec vue sur la Tour Eiffel, peut-être histoire d’avoir au moins un sommet à contempler derrière leurs bouteilles venues du froid. Le président de l’interprofession depuis avril dernier, Pierre Viallet (déjà à ce poste entre 2012 et 2015), en a profité pour faire un point sur la dernière vendange, jugée moyenne en volume, à 115 000 hl, principalement à cause de la grêle qui a touché 200 hectares d’Abymes et d’Apremont. “C’est néanmoins un beau millésime pour les blancs avec une acidité élevée qui permet de retrouver la typicité et la fraîcheur des vins de Savoie. Les rouges, surtout la mondeuse, nécessiteront un élevage plus long mais avec un joli potentiel qualitatif pour le troisième millésime consécutif”. La production est actuellement à 70% en blanc “et elle devrait encore blanchir mais une gamme est nécessaire” précise le nouveau directeur Alexis Martinod. Le rouge pourrait trouver ses consommateurs, surtout en mondeuse et le rosé (seulement 3% de la production), encore très hétérogène, doit définir un cahier des charges plus précis, surtout en termes de couleur, voire une marque collective.

L’espoir est dans les bulles

Mais la Savoie mise en particulier sur la jeune appellation Crémant, la huitième et petite dernière de la famille d’effervescents, reconnue depuis le millésime 2014. “Il faudrait planter de la vigne en particulier de la jacquère [qui entre pour un minimum de 40% dans l’élaboration] et avec des clones plus productifs sur un vignoble dédié afin d’obtenir une production régulière et d’être moins sensible aux aléas climatiques. Il y a un potentiel en Combe de Savoie et pourquoi pas en Chautagne, en remplacement du gamay difficile à vendre et qui souffre de l’image du cépage”. L’interprofession aimerait inciter les coopératives à produire davantage de vins de base pour un véritable projet de filière. “Elles ont déjà les équipements de froid et les pressoirs et on pourrait ensuite réfléchir à un investissement collectif en collaboration avec le CMC (Centre de Méthode Champenoise) spécialisé dans l’élaboration d’effervescents et qui travaille déjà avec plus d’une trentaine d’opérateurs”. La réflexion a été stoppé net cette année par la grêle ; elle devrait être relancée l’année prochaine. Le crémant est consommé actuellement à 80% localement et dans les stations ; ce serait une piste pour mieux le faire connaître au niveau national et à l’export.

Renouer avec les vieux cépages

Parmi les vins en poupe issus du vignoble savoyard, l’Apremont à base essentiellement de jacquère, qui représente la moitié de l’encépagement, et l’altesse, cépage de l’appellation Roussette de Savoie mais qui craint le stress hydrique. “Nous réfléchissons aussi à remettre au goût du jour des vieux cépages comme la malvoisie, le persan, la douce noire, le bila blanc, l’étraire de la Dui…” précise Pierre Viallet Mais après les replantations pour effectuer des essais de vinification, il faudra refaire des sélections massales qui risquent de prendre encore 5 à 10 ans même si la filière de pépinière viticole est plutôt performante dans notre région”. Un inventaire de l’ampélographie alpine et des cépages résistants sont aussi en réflexion avec l’IFV.

Ci-dessous : A. Martinod et P.Viallet.