(photo Jean Bernard)
(photo Jean Bernard)

Ce concours spécialisé dans les vins de Porto et de la vallée du Douro livrera le nom de son vainqueur lundi, à Paris. Jamais depuis seize éditions une femme n’a réussi à l’emporter. Et si cela changeait maintenant ?

On peut prendre le palmarès du Master of Port dans tous les sens, jamais depuis la création de ce concours en 1988 et le succès de Serge Dubs, futur Meilleur sommelier du monde, une femme n’est parvenue à s’imposer. L’édition 2017 pourrait-elle bousculer l’ordre établi ? Pourquoi pas puisque ce dimanche, au moment de débuter la demi-finale à Paris, elles seront deux en course.
L’une, Melissa Lezin (Cave Art & Vins à Bordeaux), découvre l’univers des concours. Une fraîcheur qui pourrait être un atout alors que presque tous les autres candidats, onze au total retenus à l’issue de la sélection organisée en mai dernier, sont d’une certaine façon formatés par leur connaissance des compétitions professionnelles. « Pour moi, le titre signerait le succès d’un défi que je me suis fixée et s’accompagnerait d’une certaine fierté. Il m’apporterait aussi la légitimité d’une spécialisation un peu comme un médecin… »

La situation de Julia Scavo (Le Milord C à Beaulieu-sur-Mer) est tout à fait différente. Médaillée de bronze à deux reprises du concours A.S.I. du Meilleur sommelier d’Europe, elle était également en finale en 2012 de ce concours né du partenariat entre l’Union de la Sommellerie Française et le Syndicat des grandes marques de Porto. Formatrice, animatrice de dégustations, conférencière et même égérie d’une marque de verres, elle connaît parfaitement les concours et trouve en Bruno, son mari et sommelier lui-même, un entraîneur de choix. Titrée dans son pays, la Roumanie, et plus globalement en Europe centrale, elle est à la recherche d’un succès marquant ailleurs. Le Master of Port peut lui en offrir l’occasion. « Gagner ne changerait en rien la fidélité que je porte aux vins de Porto et dans la façon d’exercer, mais cela m’apporterait une légitimité supplémentaire. Ce concours est pour moi une expérience de plus destinée à enrichir mes connaissances et à parfaire ma façon d’officier quant à ce sujet passionnant. Si je finissais couronnée par un titre, ce serait un grand bonheur. »

Une concurrence musclée
Du talent féminin donc, mais une concurrence masculine musclée en face qui laissera beaucoup de déçus lorsque seront annoncés les noms des quatre finalistes. On trouvera donc Gaëtan Bouvier (La villa florentine à Lyon) est devenu Meilleur sommelier de France il y a un an, Jean-Baptiste Klein (Le Chambard à Kayserberg) Meilleur jeune sommelier de France 2011, Yann Satin (Hôtel Barrière Le Westminster à Le Touquet-Paris Plage) Meilleur sommelier de Belgique 2005 et finaliste du Master of Port à trois reprises, Régis Gabillard (Les caves de Joseph à Rennes), Micaël Morais (Tomy & Co à Paris), Yohan Nguyen (Villa René-Lalique à Wingen-sur-Moder), Tristan Ringenbach (Cave Triovino à Lyon), Lionel Schneider (La table de l’espadon au Ritz à Paris), Frédéric Woelfflé (Joël Robuchon Monte-Carlo à L’Hôtel Métropole).

Soit onze candidats appelés pour un seul élu dont le nom ne sera connu qu’en début de soirée, lundi 16 octobre, dans les salons de l’ambassade du Portugal.