(photos @BASF)
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Calmez-vous tout le monde, on sait que le printemps bat son plein et que certains esprits sont en émoi, mais restez concentrés : on va vous parler de confusion sexuelle. Pour cela on vous emmène dans le Languedoc, du côté de Minervois-la-Livinière.

La confusion sexuelle gagne les vignes du Languedoc ! Derrière ce nom troublant, on trouve une méthode de protection des cultures en biocontrôle , basée sur le recours à des organismes vivants ou des substances naturelles. Dans les vignes, la confusion sexuelle permet de lutter contre deux papillons ravageurs, Eudémis et Cochylis, nommés « tordeuses de la grappe » ou « vers de la grappe ». Leurs chenilles perforent le cœur du grain pour se loger à l’intérieur, facilitant l’installation de la pourriture grise. Dans les vignes, les ravageurs femelles émettent un mélange phéromonal pour attirer le mâle et s’accoupler. La confusion sexuelle consiste à rompre les communications chimiques entre mâles et femelles, à l’aide de capsules diffuseurs de phéromones de synthèse installées dans les rangs de vigne, sur les fils de fer entre les ceps ou sur des piquets.

Égarés par ces phéromones factices, les mâles ne retrouvent plus les femelles, elles ne peuvent plus se reproduire et pondre des œufs, qui donnent ces chenilles ravageuses. Les capsules sont installées dans les vignes entre mars et avril, suivant les régions et les protègent jusqu’aux vendanges. Les substances volatiles, dans les capsules n’impactent pas les autres populations d’insectes, les animaux ou les humains. Elles suppriment ou diminuent les pulvérisations d’insecticides chimiques, et dans ce sens, s’inscrivent dans la volonté de développer une agriculture durable.

BASF, le leader mondial, allemand, de la chimie, s’est intéressé à ces techniques depuis plus de 25 ans. BASF Agro a mis au point la méthode Rak® avec le soutien scientifique de l’INRA en France, de Changins en Suisse. Cette méthode est leader, avec 80% de part de marché.

En Allemagne, premier pays utilisateur, 75% des vignes sont protégées par confusion sexuelle. En France, aujourd’hui, 7% du vignoble soit 52 000 hectares, l’utilise. Historiquement, la méthode de lutte en biocontrôle s’est implantée en Champagne (16 000 ha) puis en Bourgogne. « Depuis 4 ou 5 ans, elle se développe dans le Sud, explique Gilles Le Fur, responsable technique BASF pour le Sud-Est de la France. En Languedoc-Roussillon, la surface a été multipliée par 10 en 5 ans, et va continuer à augmenter ».

Dans l’Aude, en appellation Minervois-La-Livinière, 90% des vignes sont protégées avec la confusion sexuelle. La cave Alliance Minervois du site de La Livinière s’est lancée en grand dans la démarche. Le 30 mars, avec les caves particulières de La Livinière, les viticulteurs voisins de Pépieux, le CFPPA de Carcassonne et le CFA de Narbonne, elle e réunit 125 personnes pour installer des diffuseurs sur les 600 ha de vignes, en viticulture bio ou conventionnelle. Pierre Giraud, vice-président de la cave Alliance, pointe les atouts de ce choix « Depuis deux ans, nous développons à grande échelle la confusion sexuelle. C’est un coopérateur en bio qui en est à l’origine, et qui a fait le travail d’animation et de fédération avec les caves particulières sur notre appellation Minervois- La Livinière. Dans notre cave coopérative, la moitié de la production est en bio, et 14 vignerons, sur les 45 de l’appellation, le sont. Nous voulons donner l’image d’une appellation « propre », cette démarche nous convient bien. Nous avons choisi BASF pour l’accompagnement. En réglant ce problème de « tordeuses de la grappe », nous pouvons aller plus loin dans la maturité, gagner sur la qualité et diminuer les pertes en volume. Nous l’avons constaté l’an passé, cela permet de vendanger plus sereinement. Et aussi, cette grande opération de pose réunît les gens pour travailler ensemble dans les vignes. »

www.cru-la-liviniere.com