La Maison Pol Roger achève les travaux de fondation d’un futur bâtiment de production situé au cœur d’Épernay, juste au-dessus de ses caves, et qui devrait accompagner la marque “pour les cinquante prochaines années”.

Pol Roger a engagé un chantier d’un montant de près de 40 millions d’euros pour construire un bâtiment de production d’une surface au sol de « 18.000 mètres carrés plancher » au-dessus de ses caves historiques. La conception du projet a commencé en 2017 et le bâtiment devrait être livré « clé en main » en 2022.

Si la maison met bien-sûr à profit son patrimoine foncier extraordinaire en plein cœur de la ville d’Épernay – l’espace occupé servait autrefois de jardin et de potager – il lui aurait été plus facile de s’établir dans des zones périphériques. Mais Pol Roger souhaitait garder l’ensemble des étapes d’élaboration sur un seul et même site pour éviter des déplacements de camion, toujours polluants, et peut-être plus coûteux sur le très long terme. Par ailleurs, la Maison, de la même manière que d’autres établissements sparnaciens comme Alfred Gratien, met en avant la volonté d’empêcher la capitale du champagne de devenir une simple vitrine des marques.

On notera le challenge que représente un tel chantier : le risque était de provoquer un effondrement des caves, il a donc fallu placer 250 pieux pour porter le futur bâtiment qui constitue une véritable construction sur pilotis. Pour s’inscrire harmonieusement dans un paysage urbain classé à l’UNESCO, la Maison a dû mener une longue réflexion : “Au début on voulait être un peu trop moderne et mettre des briques grises pour donner un coup de jeune. Mais cela ne correspondait pas au style de Pol Roger et il fallait que cela s’intègre dans la ville” confie Hubert de Billy. Pour ne pas commettre d’impair, le projet a dès le départ associé à sa réflexion les architectes des bâtiments de France et la mairie d’Épernay. Le bâtiment finalement proposé par l’architecte Hugo Pace – le fils de Giovanni Pace qui a dessiné les fameuses cuveries de Moët & Chandon à Oiry – sera habillé de longues briques rouges pour dé-massifier l’ensemble avec un calepinage dessinant une sorte de vague. Grâce à des effets d’ombres, l’ensemble devrait changer de couleur selon l’heure de la journée.

Enfin, l’ancien emplacement des caves effondrées en 1900 ne porte pas de nouvelle construction et doit servir de support à la nouvelle cour d’expédition. Ainsi, la Maison ne désespère pas un jour d’exhumer le reste des bouteilles ensevelies voici plus d’un siècle.