(Photo JM Brouard)
(Photo JM Brouard)

Dans la famille Audoy, propriétaire de l’excellent Cos Labory, je voudrais la seconde propriété familiale de Saint-Estèphe, plus discrète, mais qui est une vraie bonne nouvelle pour les amateurs de Bordeaux qui ne veulent pas (ou plus) se ruiner.

Le lieu est magique, certainement l’un des plus qualitatifs de toute la rive gauche. Là-haut, tout au nord du Médoc, se trouve un tertre recouvert de graves. Son nom fait fantasmer tous les œnophiles de la planète. Cette croupe se nomme Cos. On y trouve des vins iconiques tels que Lafon-Rochet et bien sûr Cos d’Estournel.

L’un de ses voisins, Cos Labory, est pour sa part l’un des superbes grands crus classés qui soient encore accessibles à un large public tant son prix est resté raisonnable. Eh bien, la famille Audoy préside également à la destinée d’un autre domaine, rentré dans leur escarcelle en 1971. Il s’agit du château Andron Blanquet qui se situe aussi à seulement quelques encablures. Le terroir y est donc propice à l’élaboration d’un joli vin. Et lorsque l’on sait que le même soin y est apporté que chez Cos Labory, cela donne envie de s’y plonger davantage.

Disons-le de suite, il ne joue pas dans la même cour. Mais c’est un pourvoyeur d’émotion. Le 2015 est d’un équilibre certain et d’un très beau fruit. Le 2016 élève le niveau de qualité d’un cran et affiche un surplus de profondeur et de complexité. L’un de ces vins que l’on est fier de faire découvrir à ses amis. Mais que l’on aimerait garder pour soi. Car au-delà de sa qualité, c’est son prix qui risque fort de mettre tout le monde d’accord. 15€ pour le 2015 et 18€ pour le 2016. A la question : « est-il possible de boire un beau Saint-Estèphe, sur un grand millésime sans hypothéquer sa maison ? », la réponse est donc un grand oui. Vous n’avez plus d’excuse…