La nuit du 7 au 8 avril laissera des traces dans le vignoble rhodanien. Le gel a fait d’énormes dégâts, les vignerons sont très pessimistes.

Feux de fossés et de bottes de paille, tous les moyens ont été mis en œuvre par les vignerons pour faire face à la vague de froid descendue de l’Arctique. L’énergie déployée n’a, malheureusement, eu aucun effet. Du Nord Vaucluse, en passant par la Drôme provençale, jusqu’à Châteauneuf-du-Pape, toutes les AOC de la vallée du Rhône ont été touchées, certaines énormément selon le premier état des lieux.

En ce début avril, la végétation était déjà bien avancée. Avec les fortes chaleurs de la fin mars, la vigne avait débourré rapidement. Les cépages précoces comme le viognier, la syrah et le grenache sortaient même leur deuxième feuille, particulièrement sur les plantiers.
Avec des températures négatives de -3 à -5 et jusqu’à -9 dans le vignoble du Ventoux, ces derniers n’ont eu aucune chance. Seules les parcelles en coteaux ont été un peu moins touchées. C’est le cas à Visan, en appellation Côtes-du-Rhône-Villages communale où, grâce à la conjugaison de l’altitude et du fort Mistral qui avait asséché la végétation, les dégâts sont moindres. Toutefois, Pascal Tourniayre, le président de la cave coopérative Les Coteaux, déplore une perte flirtant avec les 90 % dans les garrigues, hors parcelles taillées tardivement. Même triste tableau à Suze-la-Rousse où les carignans et les grenaches ont gelé à hauteur de 90 %.

À Châteauneuf-du-Pape, le phénomène est similaire sur les jeunes vignes. Mais, grâce à un débourrement inégal, les vignes plus âgées s’en sortent mieux. Carignans, mourvèdres et clairettes ont été épargnés, par exemple au domaine de La Bastide Saint Dominique.
Même s’il est encore trop tôt pour se prononcer sur les pertes réelles, le pronostic du millésime 2021 est bien engagé. Les pluies annoncées dans les prochains jours relanceront la végétation et l’espoir des vignerons.