La Maison Lorgeril conforte l’altitude comme fil rouge de ses six domaines de Languedoc-Roussillon et lance en conversion bio ses vignes en AOP.

Vingt ans que la maison Lorgeril née en 1987, a l’obsession de l’altitude dans ses vignoble historiques au cœur de Cabardès comme pour les cinq autres propriétés. “En allant vers toujours plus de finesse et de fraîcheur, les clés de l’équilibre, cela nous a obligés à bouger dans tous les sens du terme, reconnait Nicolas de Lorgeril. Ça a été notre principale motivation pour s’installer dans le Roussillon où nous avons acheté par parcelles. Nous avons beaucoup arraché et replanté à une époque où les vignerons descendaient plutôt dans les plaines plus faciles à cultiver”. L’intuition de départ des Lorgeril a été confortée par le réchauffement climatique.

Un négoce-vinificateur mutli-appellations

C’est aujourd’hui l’une des rares maisons propriétaires dans plus de cinq appellations avec Gérard Bertrand, Paul Mas, Jeanjean, Bonfils et les Grands Chais. Elle est présente en Languedoc, Cabardès, Minervois, Minervois-La Livinière, Saint-Chinian, Faugères, Côtes-du-Roussillon, Côtes-du-Roussillon Villages et Maury, soit au total 350 hectares de vignes (dont 142 à Pennautier). Elle produit environ trois millions de bouteilles par an, pour moitié en propriété. Le négoce s’est développé en extension de propriété depuis 20 ans dans le cadre d’une économie collaborative sur 300 hectares. Un modèle courant aujourd’hui mais loin d’être une évidence à l’époque. “Il y avait un fossé avec les voisins qui étaient d’abord perçus comme des concurrents et il était difficile d’acheter des raisins pour devenir négociant-vinificateur, à la bourguignonne, se souvient Nicolas de Lorgeril. Aujourd’hui, c’est plus facile et comme une partie de nos vignes ne sont plus si qualitatives à cause des clones ou de la sécheresse, nous préférons parfois acheter des raisins ailleurs pour nos assemblages”.

Rattrapage en rosé

Lorgeril représente une gamme d’une quinzaine de références en rouge, quatre blancs et quatre rosés. “Nous avons vite compris qu’il fallait une gamme plutôt que de commercialiser d’autres domaines. D’où l’achat de la Livinière puis Faugères, Saint Chinian et Côtes-du-Roussillon en fonction des opportunités” précise Miren de Lorgeril. “Avoir différents terroirs à travailler en assurant la vinification, l’élevage, l’assemblage, c’est passionnant et ça permet de mieux comprendre le Languedoc-Roussillon”. Les grands vins étaient également suivis par Patrick Léon comme œnologue conseil jusqu’en 2018.
La majorité de la production est en rouge, à 75% “et on a développé les rosés en négoce de 10 à 30 % car il est vrai qu’on était à la traîne, avoue Miren. Il y a quatre ans, nous n’avions qu’un seul rosé car les équipes étaient frileuses sur la couleur mais force est de constater qu’elle porte une vraie dynamique qui nous a permis d’ouvrir de nouveaux marchés”. Elle représente en 2018 15 % de la production.

Les Vignobles Lorgeril ont par ailleurs lancé la conversion bio pour toutes les appellations hormis les IGP Pays d’Oc et Cité de Carcassonne (seul le château de Ciffre est déjà certifié). Les vignobles sont également labellisés HVE depuis 2013. “Nous étions déjà à zéro résidus depuis quelques années, sauf en 2018. 120 ha devraient être certifiés bio d’ici trois ans”.