(Photo Benoît Facchi)
(Photo Benoît Facchi)

Pionnier de la vente en primeur en Alsace, Seppi Landmann vendait aussi sur pieds. En 2011, cette figure de la viticulture alsacienne a transmis son domaine à la famille Rieflé, qui perpétue ces modes de commercialisation appréciés de clients fidèles.

Acheter les vins avant qu’ils soient terminés et mis en bouteille est un système qui a fait ses preuves à Bordeaux pour les plus grands crus. Ce système de vente « en primeur » permet – en théorie en tout cas – aux amateurs de réserver les vins qu’ils souhaitent de façon certaine et à un prix avantageux. De leur côté les vignerons s’assurent une rentrée d’argent avant d’avoir financé totalement l’élevage de leurs vins. La méthode est apparue comme révolutionnaire en Alsace, lorsqu’en 1982 Seppi Landmann l’a initiée pour une raison très simple. Son père livrait ses raisins à la coopérative et lorsqu’il a décidé de vinifier lui-même, il avait besoin de trésorerie. Plus tard Seppi – aimable diminutif de Joseph en alsacien – eut d’autres idées originales. Pionnier de l’oenotourisme, bien avant que le mot ne soit inventé, il proposa à ses clients de venir vendanger. Et il leur proposa aussi d’acheter dès le printemps, les vins dont ils avaient toutes les chances de venir ramasser les raisins six mois plus tard. Des dizaines de gourmands sont ainsi venus s’initier à la saine fatigue physique que ressent le coupeur de raisin à la fin d’une matinée de vendange et à la convivialité du repas gourmand qui peut suivre. Quelques vignerons d’un jour ont transmis le flambeau à une nouvelle génération qui vient aujourd’hui vendanger.

Le domaine Rieflé-Landmann, aujourd’hui à la tête de 22 hectares à Pfaffenheim, ouvre la vente de son millésime 2016 « sur pieds ». Jean-Claude et ses fils Paul et Thomas Rieflé qui ont repris le domaine Landmann en 2011 ont continué cette vente sur les vins issus du grand cru Zinnkoepflé, riesling, pinot gris, gewurztraminer et aussi la fameuse cuvé Z, l’opulent sylvaner vendu sous simple appellation alsace, mais issu du même terroir de grand cru. « Financièrement, ces ventes ne sont plus significatives pour le domaine, précise Paul Rieflé, mais elle maintiennent un lien entre le terroir, le vigneron et l’amateur de vin ». Une bonne raison d’avoir perpétué cette jeune tradition, et de l’avoir élargie à l’alsace grand cru Steinert et au rouge du lieu-dit Strangenberg.

Ci-dessous : Seppi Landmann donnant des instructions avant la vendange.