Vous êtes au restaurant, vous lorgnez sur ce Bordeaux 2004 mais n’êtes pas certain que son prix et son goût vous satisferont ? Rares seront les restaurateurs qui vous concèderont à vous faire goûter avant de commander la bouteille. C’est sur ce constat que Tristan Destremau, Grenoblois d’origine et Grégoire Henry, Bourguignon, ont conçu puis développé en 2016 Vinovae à Lyon, dont le nom est la contraction en latin de vino (vin) et novae (nouveau).

Il s’agit de petites bouteilles de 2 cl, baptisées « Vinottes », dont la marque a été déposée, produites à partir de vin vieilli en bouteille, fourni par les producteurs et revendeurs. Un brevet a été élaboré en 2015, étant en phase d’internalisation pour l’Europe et le monde entier.

« Nos vinottes sont fabriquées en verre organique (PET), matière qui se conserve très bien et ne se casse pas. Elles peuvent contenir tout type d’alcool, des spiritueux, du vin tranquille mais pas d’effervescents. Nos produits s’adressent à toute la filière professionnelle, cavistes, producteurs et restaurateurs » explique Grégoire Henry, l’ingénieur du projet. Son acolyte Tristan Destremau a, quant à lui, un profil commercial. Des partenariats ont pu être tissés avec des sites d’e-commerce, à l’instar de Cdiscount, qui expédie des Vinottes avec un bon de réduction à l’intérieur pour l’achat de leur grande sœur.

Un chiffre d’affaires revu à la hausse et déjà dépassé

« Les vins doivent parvenir une semaine avant le reconditionnement par transporteur. Le vin repose 48 heures au frais, sans lumière, pour le défatiguer » indique Tristan Destremau. Tout est automatisé, la capacité de production étant de 2,5 millions de Vinottes par an. A partir d’une bouteille, 36 échantillons peuvent être produits, il n’y a donc pas de perte. Le contenu des échantillons peut se conserver jusqu’à 2 mois, sans perte des propriétés de l’alcool ou du vin. Vinovae compte déjà 200 clients, et devrait en avoir 500 dès l’an prochain. Leur cœur d’activité consiste à reconditionner les bouteilles des domaines en échantillons, ce qui comporte par ailleurs une palette de services : transport aller et retour des bouteilles, étiquetage, personnalisation, mise en coffret. Pour l’ensemble de ces services, le coût est de 1,53 € H.T. par échantillon. L’acheminement éventuel vers un tiers client peut s’ajouter.

Courant 2018, la start-up composée de 8 personnes a multiplié par cinq sa croissance (100 K€ en 2017, 300 K€ initialement prévu en 2018, contre 500 K€ qui devraient être obtenus), et cherche déjà à déménager pour poursuivre son développement. Même si le potentiel de la France n’est pas encore complètement exploité, notamment à l’égard des vins d’Alsace, à cause des réglementations en lien avec le CIVA (Conseil Interprofessionnel des Vins d’Alsace), l’étranger sera l’un des prochains objectifs de Vinovae, plus particulièrement en direction des marchés de l’Italie, Espagne, Allemagne, Angleterre, Chili ou encore Afrique du Sud.

www.vinovae.com