Père et fils au domaine du Siestou (photo JMB)
Père et fils au domaine du Siestou (photo JMB)

Lorsque l’on pense salon international, on imagine surtout des stands représentant de grands domaines et de grandes maisons. C’est majoritairement vrai. Mais Wine Paris a décidé de donner leur chance également à de très jeunes domaines, parfois très prometteurs.

Bon, évidemment, il a fallu un peu chercher pour pouvoir les trouver ces jeunes domaines. L’organisation du salon ne les a pas mis en plein milieu d’un hall mais plutôt tout au fond, dans un coin. Mais ne soyons pas trop durs. Le coût d’un salon est généralement prohibitif pour un domaine qui débute. L’initiative de Wine Paris est donc à saluer. Pour une somme très raisonnable, des domaines ayant été créés depuis moins de 5 ans ont pu avoir un stand dans cet espace “Nouvelle vague”. Une occasion en or de pouvoir se faire connaître et de nouer de précieux contacts professionnels. Ils sont donc 40, de toutes les régions de France et même de l’étranger, à présenter leurs gammes. Et autant dire que souvent le talent n’attend pas le nombre des années. Parmi les incontournables, le domaine de la Pâturie. Installé dans un coin peu connu, entre Bourgogne, Jura et Champagne, très précisément à Champlitte, ce domaine un temps en faillite a été racheté par la famille Joyandet en 2017. Et que de chemin déjà parcouru en à peine 3 ans. Julie s’est associée avec son beau-père pour redonner vie à ce magnifique vignoble sous appellation IGP Pays de Franche-Comté. Mais ne vous y fiez pas, les 17 hectares d’un terroir argilo-calcaire splendide permettent de faire naître des vins d’une précision impressionnante et très enthousiasmants. La gamme “Par amour” propose 3 vins abordables (9,90€) qui mettent en avant l’identité d’un cépage. Le pinot gris 2018 est un parfait exemple de l’élégance de ce cépage quand il est (très) bien travaillé. Le chardonnay 2018 est très vibrant et son acidité parfaitement intégrée. Une aubaine à ce prix, tout comme le pinot noir 2018 vinifié et élevé en cuve béton. Son fruit tout bonnement éclatant et sa structure sphérique en bouche sont une puissante arme de séduction… Le chardonnay “Cœurs de loup” (15,70€) est un parcellaire digne de son rang. Il soutient très bien la comparaison avec ses voisins bourguignons. De même pour le pinot noir “Gueules de loup”, parcellaire également, complexe et profond. De grandes réussites.

Des amphores, du rosé provençal par un champenois…

Les idées ne manquent pas dans cet espace “Nouvelle Vague” et les résultats sont souvent à la hauteur. Le château Constantin dans le Luberon a été repris en 2017 par une famille marseillaise. Parmi les différents outils de vinification utilisés, 12 amphores de 5 hl héritées du précédent propriétaire. Elles sont utilisées pour réaliser une partie de la gamme dont un chardonnay 2018 qui évite toute note oxydative. Sa structure très fluide se couple à une acidité très bien intégrée. Un vin harmonieux et d’une grande allonge en bouche. Le reste de la gamme est clair, bien réalisé.

Autre famille, autre région. Direction cette fois-ci le Languedoc et plus particulièrement le Minervois où Alexis Brunel est arrivé depuis 2 ans. Il a rejoint son père qui avait acheté le domaine de Siestou (voir photo ci-dessus) mais qui apportait le raisin dans une cave coopérative. Tout le domaine a donc été repensé, des investissements réalisés. Et 6 cuvées sont aujourd’hui produites. Avec de l’audace comme le prouve ce Jacadi 2019, un pur carignan nature (14€) d’une immense fraîcheur, charnu mais aux tannins très fondus. La cuvée Aujols 2019 (9,50€) à dominante de syrah est tout en rondeur, fruitée, facile d’accès. Un plaisir simple. Globalement, des Minervois nouvelle génération, très élégants, parfaitement vinifiés et offrant un très bon rapport qualité-prix.

Du côté de la champagne, Vincent Cuillier qui a repris le domaine familial fait aussi feu de tout bois. Non content de produire une belle gamme de champagnes, il s’est lancé dans la production de rosés en Provence, Gaïus et Petit Gaïus issus d’achat de raisins. Gaïus 2018 est bien floral, suave et gourmand. Une preuve de l’ouverture des champenois. Sans oublier JustBwines, un domaine de Galice en Rias Baixas recréé par Belén Varela Gestoso. Ici, un seul cépage, l’albarino décliné dans différents styles mais toujours avec de la finesse. Les vins sont frais, dynamiques. Issus de vignes de 30 à 100 ans, ils sont dotés d’une matière complexe et longue qui en font de parfaits compagnons pour des plats de fruits de mer.