(photos JM Brouard)
(photos JM Brouard)

Après de longues années d’attente, la maison champenoise vient de dévoiler sa toute nouvelle cuvée millésimée 2012 en blanc de blancs. Une ode à la grandeur du chardonnay sur de splendides terroirs de grands crus. Le tout sublimer, comme toujours, par une œuvre d’art.

Les amateurs savent qu’il faut souvent être patient pour pouvoir goûter une nouvelle cuvée millésimée… le dernier Blanc de Blancs du genre était le 2006. Mais cela en vaut généralement la peine. Ce 2012 (80€) tout juste commercialisé aura passé près de 8 années dans les caves de la maison Bruno Paillard dont 18 mois après dégorgement pour lui permettre de s’apaiser parfaitement et de trouver une harmonie optimale. Le résultat est à la hauteur des attentes. Ses origines nobles, pour 2/3 sur le grand cru du Mesnil-sur-Oger et 1/3 sur celui d’Oger, lui confèrent une grande puissance aromatique. Quelques minutes d’aération lui sont toutefois nécessaire pour laisser pleinement exprimer toute sa fougue. L’univers qui se révèle alors est d’une complexité malicieuse : la fleur d’oranger est une invitation au voyage. Le poivre blanc en prolonge le parcours et laisse l’esprit gambader dans des contrées lointaines. Puis viennent quelques touches miellées et empyreumatiques qui donnent un sens à toutes ces années de vieillissement. Point de fioriture, seulement 3g/l de dosage pour laisser le vin s’exprimer le plus naturellement. Un conseil : privilégiez ici un grand verre large pour magnifier le crémeux de texture.

Une œuvre comme un écho

L’âme d’un grand champagne atteint au plus profond. Oubliées les conditions climatiques extrêmes ayant présidé à l’accouchement d’un millésime faible en rendements mais plein dans son expression. Une évocation du superbe 2002, l’allonge acidulée en plus. Comme pour chaque millésimé de la maison depuis sa création en 1981, Bruno et sa fille Alice mettent en avant un artiste qui saisira l’émotion intime du millésime. Ce 2012, ils l’ont qualifié par quelques mots forts : “où la force épouse la grâce”. Et c’est un artiste japonais de renom, Takehiko Sugawara, qui a matérialisé l’énergie insaisissable de cette nouvelle cuvée. Pour ce faire, il a travaillé une technique mixte sur papier japonais permettant d’offrir une vision très personnelle et abstraite de la nature. Une approche traditionnelle, faite d’ors et de noirs laqués mais dans une tonalité hautement contemporaine. “Un travail à l’image de notre maison qui, bien qu’elle soit encore très jeune en Champagne, s’inscrit totalement dans la grande tradition viticole de la région”, explique Alice. Souhaitons longue vie à ce vin armé pour affronter avec panache les prochaines années.