Nous poursuivons notre incursion gourmande dans les appellations du Sud-Ouest, labellisées pour leurs pratiques respectueuses de l’environnement. Connues pour leur tannicité assumée, ces AOC ont négocié un virage décisif vers plus de respect du fruit, dans le verre et dans les vignes. Pari gagné comme le prouvent les nombreux de cœur retenus par nos dégustateurs. Après Madiran, direction Fronton.

Cette dégustation est à retrouver dans Terre de vins n°70 et sur notre kiosque digital.

Domaine Plaisance-Penavayre – Le Pitchou 2018 (AB)
11,50 €

Nous avons retenu les trois vins présentés par le domaine Plaisance Penavayre, situé sur la plus haute terrasse alluvionnaire du Tarn (220 mètres). Nous avons adoré le Pitchou (photo), assemblage de 60 % de négrette et 40 % de syrah, très sanguin, ferrugineux et fruit rouge framboise au nez avant une bouche joyeuse et fluide ; l’élevage en barriques de trois et quatre vins a respecté l’intégrité aromatique tout en polissant les tanins. Une vraie réussite de typicité franche et gourmande. De Tot Co Que Cal (= tout ce qu’il faut) 2018 (19,50 € – 14/20) nous avons aimé le fruit noir aux accents résineux, la fluidité en bouche et les beaux amers de genièvre en finale de ce 100 % négrette. Des Alabets 2018 (12,90 € – 13,5/20), également 100 % négrette, nous avons retenu un profil plus austère aux accents de mûre et de goudron.
• Des brochettes de cœurs de canard.
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Château Joliet – Haute Expression 2018
12,30 €

Nous avons retenu deux cuvées du château Joliet, toutes deux pour leur fluidité, leur caractère sapide et profondément droit. Dans cet esprit, la cuvée Haute Expression (40 % négrette, 35 % syrah, 25 % cabernet sauvignon, élevée 18 mois sans bois) offre une expression impeccable de la typicité de l’appellation : « Ce vin a l’ADN de Fronton » s’exclame une jurée qui détaille : fruit noir mûr et propre, tanins présents mais pas rustiques, belle persistance aromatique, « il a réussi le virage du traditionnel au charnu, onctueux avec une délicieuse fraîcheur ». La cuvée Négrette du même millésime (7,20 € – 14/20) est plus nettement centrée sur le fruit avec une expression fraîche et dansante, des tanins travaillés en souplesse, la finale aérienne.
• À l’apéritif sur un croque-monsieur truffé.
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Château Saint Louis – Esprit 2018 (AB)
14,50 €

Le château est acquis en 1991 par Marie-Cécile Arbeau (de la maison de vins) et Ali Mahmoudi, œnologue. Bon sang ne saurait mentir. Cette cuvée correspond au profil d’un fronton haut de gamme. La sélection de vieilles vignes fournit des raisins de qualité, les 15 % de cabernet franc amènent de l’élégance et de la finesse au fruit puissant de la négrette et l’élevage bien dosé vient polir l’ensemble. Le résultat est séduisant et repose sur l’équilibre entre expression aromatique, structure tannique et fraîcheur. Tout y est : la belle palette de fruits noirs, très épicée, et le chic du cabernet bien mûr souligné par un élevage sobre qui laisse au vin sa fluidité et son croquant.
• Sauté de veau du Ségala aux morilles.
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Château Laurou – Haute Expression 2017
16 €

Le château Laurou ne produit cette cuvée Haute Expression que dans les grands millésimes, pour exprimer la quintessence de son terroir. Et ce 2017 est une réussite absolue. Dix jours avant les vendanges, on coupe le raisin que l’on laisse sur souche pour le passeriller et concentrer arômes, sucres, acides, tanins, polyphénols… Assemblage de syrah et de négrette à égalité, ce vin magnifique offre un nez fougueux, à la fois sanguin et viscéral (mais très très propre), épicé-résineux entre genièvre et romarin, floral en bouquet de violettes et gentianes, racinaire et terrien (réglisse, racine d’iris). La bouche restitue ce somptueux bouquet, enchâssé dans une trame tannique mûre, présente sans dominer. L’ensemble respire une exquise harmonie.
• Civet de Garenne et sa touche de cacao.