Qu’allons-nous boire à Noël ? Cette question, en œnophile prévoyant, vous vous la posez certainement déjà. Laissez-nous y répondre pour vous avec notre grand dossier Vins de fêtes, à retrouver dans le dernier numéro de Terre de vins (actuellement en kiosque). 200 vins (en attendant nos champagnes préférés en décembre) recommandés par nos dégustateurs pour accompagner aux mieux votre menu de Noël. Nous vous en proposons ici un avant-goût en 4 épisodes. Troisième épisode : nos coups de cœur en magnum.

Alfred Gratien – Cuvée 595 Soléra
Champagne (brut)
155 €

Alfred Gratien avait déjà sorti cette cuvée en bouteille sous le nom de 565 (cinq millésimes, six ans sur lattes, adressée au cinq sens), une soléra initialement destinée à la liqueur de dosage, alimentée depuis 2007. 565 et 595 ont toutes les deux été tirées en 2012, mais la version magnum, moins oxygénée, a vieilli trois ans de plus sur lattes. Les cuvées sont si différentes qu’elles peuvent accompagner deux moments distincts du repas. Alors que 565 est déjà sur des notes confites, 595 est encore sur le fruit frais et reste très aérienne.
• Merlan meunière.
Yves Tesson

Domaine La Croix-Gratiot – Le Chant des Dolia 2017
IGP Pays d’Hérault (blanc)
43 €

Ses picpouls sont à croquer (le Bréchallune en magnum, 25 € !) mais ne manquez pas sa roussanne : le cépage préféré d’Anaïs Ricôme, qui aime l’attendre rousse à souhait. Elle la travaille en complexité par un élevage d’un an en dolia et cuve béton. Les amphores sont soit de grès (complètement hermétique et protecteur), soit de céramique (plus poreuse à l’oxygène). À l’arrivée, l’équilibre entre gras et fraîcheur est saisissant de précision, à l’appui d’un bouquet d’anis, fenouil, gingembre et citronnelle. Quel talent et quel délice !
• Daurade en papillote d’ail et gingembre.
Anne Serres

Château Bonisson – Opus 1619 2018
Coteaux d’Aix-en-Provence (rouge)
45,30 €

Le domaine venait de commencer sa conversion bio (certifié en 2020) quand la famille Le Dorze a repris les rênes de Bonisson, à l’ouest d’Aix-en-Provence. Après avoir restructuré le vignoble, ils élaborent leurs vins avec l’œnologue Jérôme Dufour et œuvre à augmenter la part des rouges avec quelques conseils d’Eloi Dürbach. Une syrah-grenache-cabernet sauvignon dans une belle bouteille épaulée, sur les fruits noirs (mûre, cerise) rehaussés de poivre, réglisse, des notes de garrigue et une finale torréfiée sur des tanins souples.
• Un rôti de bœuf en croûte d’herbes.
Frédérique Hermine