Le premier producteur de crémants de Bourgogne lance ce mois de mai 2021 une campagne de communication autour du célèbre apéritif italien, suggérant une recette à base de crémant plutôt que de prosecco. Objectif : substituer à une consommation événementielle une consommation plus régulière, dans une période peu propice aux grands rassemblements.

Un « cas d’école marketing », des « ventes exponentielles » : ces dernières années, les observateurs ont tous salué la percée du spritz, apéritif orange devenu la star des terrasses européennes. Une croissance qui a plus que profité aux deux ingrédients phares du cocktail : l’Aperol (liqueur de l’italien Campari) et le prosecco (effervescent italien en AOP).

« Les crémants restent associés à une consommation événementielle »

Et si l’on remplaçait ce dernier par du crémant de Bourgogne ? C’est la suggestion de Veuve Ambal, premier producteur de l’appellation avec 8 millions de bouteilles annuelles. « Les crémants restent aujourd’hui associés à une consommation événementielle, raison pour laquelle ils ont connu des difficultés sur le marché pendant la période Covid. En revanche, les ventes de prosecco ont progressé en 2020, surtout grâce au spritz, à la facilité de faire de genre de cocktail chez soi, de manière hebdomadaire », analyse Aurélien Piffaut, à la tête de Veuve Ambal avec son père Éric. « Nous souhaitons suggérer une manière de consommer plus régulière à travers notre nouvelle campagne de communication. »

Jeu-concours sur les réseaux sociaux

Une campagne qui s’articule autour de trois axes. Premièrement la grande distribution, avec la présence de collerettes sur les bouteilles, de stop rayons et une campagne d’affichage dans les centres commerciaux de la région parisienne. « Nous ciblons dans un premier temps cette zone car la base consommateurs y est assez large », dévoile Aurélien Piffaut, qui identifie les amateurs de spritz comme « un public assez jeune, dans les 25-40 ans, et plutôt urbain ». Une série de spots radio sera également diffusée. Enfin, les réseaux sociaux devront relayer le message.

La campagne vient de commencer sur Instagram, et doit s’intensifier avec la très prochaine publication de recettes. « Au-delà du spritz, nous proposerons une recette d’apéritif à base de crème de cassis, , et une autre à base de fleur de sureau ». Un jeu-concours sera également organisé sur ces réseaux, du 17 au 30 mai. «Avec des bouteilles à remporter, notamment de liqueurs orange françaises. »

Un déconfinement scruté de près

Le succès de la campagne dépendra en partie de conditions extérieures, notamment du calendrier de déconfinement. « Nous espérons que ce qui a été annoncé sera maintenu ». D’une manière générale, un prolongement des mesures sanitaires serait un nouveau coup dur pour la filière. « La période de Pâques s’est plutôt bien déroulée, mais le contexte du 3e confinement a continué à dégrader nos sorties », reconnaît Aurélien Piffaut.