Illustration : Niko Pirosmani,
Illustration : Niko Pirosmani, "Feast with barrel Organist Datico", 1906, State Art Museum of Georgia, Tbilissi, Géorgie.

Au-delà de son parcours permanent, où le numérique et les nouvelles technologies seront particulièrement développées, la Cité du Vin prévoit d’accueillir deux grandes expositions temporaires chaque année à partir de 2017. Dont une estivale, qui mettra à l’honneur un vignoble invité. C’est dans ce cadre que le vignoble géorgien pourra être découvert, compris et dégusté pendant deux mois à l’été 2017.

La Cité du Vin ouvre ses portes le 1er juin à Bordeaux, c’est un évènement que chaque amateur attend avec impatience. Dans le cadre de ses expositions temporaires qui démarrent en 2017, conçues pour pouvoir recevoir des œuvres internationales de très grande renommée, un vignoble étranger sera invité chaque année dans ses murs. Premier vignoble à entrer dans la danse de la Cité en juillet-août 2017 : la Géorgie, berceau de l’histoire de la vigne.

Les représentants de l’État géorgien à Bordeaux

Otar Daniele, Ministre de l’agriculture de la Géorgie, accompagné par sa délégation était présent aujourd’hui à Bordeaux. Le but de ce déplacement : venir signer le contrat de co-organisation entre l’État de Géorgie et la Fondation pour la culture et les civilisations du vin, pour devenir le premier « Vignoble Invité » de la Cité du Vin. Une poignée de main forte en symbole entre le ministre géorgien et Sylvie Cazes, présidente de la Fondation. « Nous voulons vraiment vous remercier d’avoir rendu cette coopération possible, nous savons à quel point il était important pour vous d’être le premier vignoble invité de la Cité, nous sommes ravis que ça puisse fonctionner », sourit la présidente à l’attention du ministre géorgien. Une coopération artistique, culturelle, mais également politique, comme a souhaité le rappeler le ministre Otar Daniele : « Votre Cité est un bâtiment magnifique, je suis très heureux que la Géorgie puisse initier le cycle de ces expositions sur les Vignobles Invités. C’est très important pour la Géorgie d’avoir le support de l’Europe et d’y être présente. »

Du vin et des œuvres

La Géorgie sera exposée, notamment grâce à des œuvres d’art venues de Tbilissi, mais pas que. « Nous ne connaissons pas encore exactement la forme de cette exposition, nous avons besoin de temps pour l’organiser. Elle sera a priori plutôt composée d’œuvres artistiques et culturelles, là où le parcours permanent est très numérique. Mais rien n’est figé », explique Véronique Lemoine, la responsable scientifique de la Fondation. Une chose est sûre, la présence de Merab Mikeladze (Musée National de Géorgie) présuppose une collaboration forte avec le patrimoine historique, culturel et artistique géorgien disponible dans les collections du pays.
« Nous avons eu la chance d’aller en Géorgie l’année dernière avec Laurence Chesneau-Dupin (directrice de la culture de la Cité, NDLR), et nous avons eu la chance de rencontrer le responsable national du musée de Tbilissi, Lordkipanidze, il nous a montré des collections vraiment magnifiques… », ajoute Véronique Lemoine.

Une chose est sûre, que ce soit sous forme de peintures (pourquoi pas retrouver des œuvres du peintre Niko Pirosmani, très inspiré par la vigne et le vin), de sculptures, d’antiquités (des céramiques et cornes à boire du musée archéologique de Tbilissi par exemple), des photographies ou encore des projections numériques, la Géorgie racontera le vin dans tous ses états.

La Géorgie, de la vigne depuis 8 000 ans

On considère ce pays comme un des plus anciens pays producteurs de vignes dans le monde. « Du pied du Caucase, jusqu’au croissant fertile, c’est dans cette grande zone que la vigne est née. Aujourd’hui, toute la zone est divisée en plusieurs pays, et peut être que des archéologues trouveront des traces de pépins de raisins ailleurs, mais pour l’instant c’est en Géorgie que les traces les plus anciennes ont été retrouvées », explique Véronique Lemoine.

Pendant près de six semaines, l’exposition temporaire devra permettre aux visiteurs de mieux comprendre le vignoble géorgien sous l’angle culturel et civilisationnel, « avec une proposition originale et esthétique », selon l’équipe de la Fondation. Saviez-vous par exemple que lorsque deux Géorgiens se rencontrent, ils se disent : « comment va ton vin » ? Ou que le mois d’octobre se traduit « gvinobistve », soit le « mois du vin » ? Ou encore, que les « Qvevri », ces jarres en terre cuite qu’on enterre pendant la vinification s’utilisent toujours (une technique désormais inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco) ? Que les vins géorgiens utilisent de nombreux cépages autochtones ?

L’exposition sera complétée par une programmation culturelle développée dans l’auditorium et les ateliers de dégustation, des partenariats pourront être tissés avec la boutique et les restaurants, et « un programme d’animations aura également lieu dans la ville de Bordeaux », ajoute Philippe Massol, directeur de la Cité du Vin. Cette collaboration entre la Géorgie et la Fondation pour la culture et les civilisations du vin s’inscrit dans le cadre des missions propres à la Fondation (reconnue d’intérêt public depuis décembre 2014) : défendre, valoriser et transmettre la dimension culturelle du vin, tout en le rendant accessible au plus grand nombre.

De juin à décembre 2016, afin de « bien expliquer l’histoire de ce projet et du bâtiment et de laisser les visiteurs s’approprier le lieu », selon Marie-Sophie Herbouillé, coordinatrice culturelle de la Fondation pour la culture et les civilisations du vin, la première exposition temporaire reviendra sur l’histoire du chantier. Grâce à une exposition intitulée « Carte Blanche à Isabelle Rozenbaum », photographe ayant suivi toutes les étapes du chantier de la Cité du Vin pendant trois ans.